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Antiépileptique chez la femme enceinte : Le topiramate peut contribuer à des troubles intellectuels chez le fœtus, prévient l'autorité française du médicament

Le topiramate, un anti-épileptique déjà connu pour favoriser des malformations chez le foetus quand il est pris par une femme enceinte, peut aussi contribuer à des troubles intellectuels, a prévenu l'autorité française du médicament, appelant à le prescrire aussi peu que possible.

"Chez la femme enceinte (...), le topiramate ne doit pas être utilisé dans l'épilepsie sauf en cas de nécessité absolue" et ne doit être prescrit sous aucun autre prétexte, a déclaré dans un communiqué l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Le topiramate, vendu sous la marque Epitomax par le laboratoire Janssen mais aussi comme générique par d'autres fabricants, est prescrit contre les crises d'épilepsie et les migraines.

On sait qu'il est aussi parfois donné par certains médecins comme amaigrissant, mais cet usage n'est pas prévu par les indications officielles contrairement aux Etats-Unis, où une forme du traitement est approuvé contre l'obésité.

Or, depuis plusieurs années, on sait que s'il est pris par une femme enceinte, le topiramate démultiplie les risques de malformations - bec de lièvre, mauvais placement de l'urêtre sur le pénis - chez l'enfant à naître.

L'autorité du médicament avait donc déjà mis en garde en 2019 sur l'usage du topiramate, dans un contexte marqué par le scandale de la dépakine du laboratoire Sanofi, un autre anti-épileptique impliqué dans de nombreux troubles chez des enfants exposés lors de la grossesse.

Si l'ANSM, qui a demandé à son homologue européenne de réévaluer le topiramate, se remet à communiquer sur ce médicament, c'est que de nouveaux risques ont été mis en évidence pour l'enfant à naître.

Publiée fin mai dans la revue JAMA Neurology, une étude, réalisée a posteriori à partir des données de plusieurs millions de mères scandinaves, montre que le risque de déficience intellectuelle fait plus que tripler chez les enfants dont la mère a pris du topiramate lors de la grossesse.

Le risque de troubles de l'autisme est aussi multiplié, quasiment par trois.

En conséquence, l'ANSM appelle les médecins à ne prescrire qu'en dernier recours ce traitement aux femmes enceintes mais aussi à celles qui sont en âge d'avoir un enfant et ne prennent pas une contraception jugée "hautement" efficace.

Toutefois, l'agence prévient aussi les patientes qu'il ne faut pas interrompre d'un coup ce traitement car une reprise des crises d'épilepsie peut aussi être dangereuse, que ce soit pour la mère ou le bébé à naître. 

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