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Soupçons de viande avariée : Des peines de 4 à 12 mois de prison avec sursis et jusqu'à 100.000 euros d'amende requis à l'encontre de Castel Viandes

Des peines de quatre à douze mois de prison avec sursis et jusqu'à 15.000 euros d'amende ont été requis à l'encontre de trois cadres du groupe Castel Viandes, jugés à Nantes pour tromperie.

Une amende de 100.000 euros a été requise à l'encontre de la société, également prévenue.

Lors de ses réquisitions, le procureur a pointé des "faits extrêmement nombreux qui ne résultent pas d'une simple erreur mais d'un mécanisme global de commercialisation systématisée de viande contaminée", motivé par la "recherche de profit".

Avocate de la partie civile, l'ancienne députée européenne écologiste Eva Joly a salué des réquisitions "proportionnées à la gravité des infractions".

Le groupe basé à Châteaubriant (Loire-Atlantique), son PDG Joseph Viol ainsi que deux cadres, Michelle Perron et Denis Leclerc, étaient jugés devant le tribunal correctionnel pour "tromperie sur la qualité d'une marchandise", "mise sur le marché de produits d'origine animale préjudiciables à la santé" et "entrave" à des contrôles sanitaires entre 2010 et 2013.

Jeudi, les prévenus avaient rejeté en bloc l'ensemble des chefs de prévention, assurant qu'aucun "risque sanitaire" n'avait jamais été encouru par les consommateurs.

Les trois avocats de la défense ont plaidé vendredi la relaxe.

"Voilà un dossier dans lequel il n'y a rien. Il n'y a pas de malades, il n'y a pas de victimes, pas de tromperie. Rien de rien", a martelé le conseil de Denis Leclerc, Me Louis-Georges Barret.

L'information judiciaire avait été ouverte en 2013 à la suite d'accusations portées par un ex-salarié licencié cinq ans plus tôt, Pierre Hinard, qui affirmait que le groupe pratiquait à l'époque la "remballe", recyclage de viande avariée issue d'invendus.

"Il n'y jamais eu de remballe. Jamais, jamais. On ne condamne que sur des faits et des faits je n'en ai pas", a poursuivi Me Barret.

Soutenant que Pierre Hinard n'avait porté ses accusations que par "vengeance personnelle" à la suite de son licenciement, l'avocat de Castel Viandes et de son PDG a longuement examiné, une à une, seize "confusions" faites au cours de l'enquête, pour en conclure qu'il n'y avait "jamais eu de mise sur le marché de viande dangereuse et jamais de tromperie".

"Castel Viandes et son PDG sont totalement innocents. Je ne le dis pas par affect mais raisonnablement, avec des documents à l'appui", a de son côté insisté Me Benoît Chabert.

La décision a été mise en délibéré au 30 juin.

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