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Yann Moix relaxé par le tribunal correctionnel de Paris des poursuites en diffamation intentées par la Croix-Rouge française dont il critiquait la conduite auprès des jeunes migrants de Calais

Le romancier et réalisateur Yann Moix a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris des poursuites en diffamation intentées en 2018 par la Croix-Rouge française dont il critiquait la conduite auprès des jeunes migrants de Calais. Le chroniqueur de 53 ans avait déclaré le 6 juin 2018 sur Europe 1: "Le plus grave (...) c'est l'évaluation de minorité par des institutionnels, la Croix-Rouge notamment, qui essayent de tout faire pour qu'un jeune ne soit pas considéré comme mineur, car s'il est mineur on est obligé de l'aider et de l'héberger".

M. Moix avait également souligné l'utilisation de tests osseux datant "des années 30 pour déterminer l'âge (des migrants), dont la marge d'erreur est de deux ans", sans toutefois accuser formellement la Croix-Rouge.

Le tribunal a déclaré recevable la Croix-Rouge en sa constitution de partie civile, a considéré que les propos de M. Moix constituaient "une opinion péjorative" mais que "le seul fait que la partie civile soit citée comme appartenant (au groupe des +institutionnels+ évoqués par M. Moix) ne suffit pas à transformer l'opinion critique ainsi émise en imputation la concernant personnellement", indique la décision dont l'AFP a pris connaissance.

Lors du procès, la procureure a affirmé à propos des affirmations de M. Moix : "On reste dans la liberté d'expression."

Le ministère public considérait également que le lien entre les tests osseux et l'organisation humanitaire française fondée en 1864 n'était "pas suffisamment précis" pour relever de la diffamation. Une pratique qui n'est "jamais" employée au sein de la Croix-Rouge, avait défendu son avocat Me Benoît Chabert en audience.

Interrogée par l'AFP, l'avocate de M. Moix Me Julie Fabreguettes a salué une "décision qui rappelle la liberté de la critique, même lorsqu'elle est virulente, même lorsqu'elle vise des organisations humanitaires, et (qui) réhabilite le travail d'investigation approfondie de M. Moix.

L'avocat de la Croix-Rouge française Me Benoît Chabert n'a pas souhaité commenter la décision du tribunal.

Yann Moix, absent lors du procès, avait critiqué la Croix-Rouge au lendemain de la parution de "Dehors", une lettre ouverte de plus de 360 pages pour inciter Emmanuel Macron à modifier sa politique à l'égard des migrants, à un moment où le sort des migrants mineurs faisait débat.

Le directeur de la Croix-Rouge, Jean-Christophe Combe, avait accusé M. Moix d'"instrumentaliser" la cause des migrants "dans le cadre d'une opération d'autopromotion".

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