02/11 16:46

Un "tribunal populaire" chargé d'enquêter sur des meurtres de journalistes et demander des comptes aux gouvernements jugés responsables de ces crimes s'ouvre à La Haye

Un "tribunal populaire" chargé d'enquêter sur des meurtres de journalistes et demander des comptes aux gouvernements jugés responsables de ces crimes s'est ouvert à La Haye, dénonçant la violence en hausse contre cette profession dans le monde entier. Composé de juristes internationaux, ce "tribunal" tiendra des audiences pendant six mois dans trois affaires retentissantes, l'assassinat en 2009 de Lasantha Wickrematunge au Sri Lanka, celui de Miguel Ángel López Velasco au Mexique en 2011 et celui de Nabil Al-Sharbaji en Syrie en 2015.

L'instance prend la forme d'une assemblée délibérative où des personnalités dénoncent sous une forme juridique des actes qu'elles jugent répréhensibles vis-à-vis de journalistes, en particulier par rapport au droit international. Leurs avis seront ensuite remis aux autorités concernées. Le "tribunal" vise aussi à rassembler des preuves dans les affaires concernées. Parmi les témoins clés qui livrent leurs témoignages figurent Hatice Cengiz, universitaire et fiancée du journaliste saoudien Jamal Khashoggi assassiné en 2018, Matthew Caruana Galizia, journaliste et fils de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia assassinée en 2017, et la Philippine Maria Ressa, lauréate du prix Nobel de la paix.

"Avant, les journalistes étaient ciblés par des individus, maintenant ils sont ciblés par des gouvernements", a déclaré Mme Cengiz lundi lors d'une conférence de presse à La Haye. Elle participe au "tribunal populaire", situé dans une église du XVIIe siècle à La Haye, pour "rappeler au monde ce qui est arrivé à Jamal et pourquoi nous n'avons pas obtenu justice jusqu'à présent", a-t-elle ajouté. Le "tribunal" a été créé par trois grandes organisations de défense de la liberté de la presse : Reporters sans frontières (RSF), basé à Paris, Free Press Unlimited (FPU), qui a son siège à Amsterdam, et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York. Depuis 1992, plus de 1.400 journalistes ont été tués, et dans huit cas sur dix où un journaliste est assassiné, les meurtriers ne sont pas appréhendés, selon RSF.

Ailleurs sur le web

Vos réactions