18/09 07:16

Une célèbre journaliste de télévision italienne s'est attirée une volée de critiques en évoquant la responsabilité des victimes de féminicide

Une célèbre journaliste de télévision italienne s'est attirée une volée de critiques , après ses déclarations sur la responsabilité partagée des auteurs et des victimes de féminicide. En Italie, une femme est tuée en moyenne tous les trois jours et une série de meurtres récents dans lesquels le principal suspect est le partenaire ou un ex-compagnon de la victime, a fait les gros titres. "Au cours des sept derniers jours, sept femmes ont été tuées apparemment par sept hommes", a déclaré la présentatrice Barbara Palombelli pendant l'émission "Forum", diffusée  sur la chaîne privée Rete 4, propriété du groupe Mediaset.

"Parfois, il est également juste de se demander si ces hommes ont complètement perdu la tête, s'ils étaient complètement confus, ou s'il y avait également un comportement exaspérant et agressif de l'autre côté ?" a-t-elle demandé. Ses commentaires ont suscité l'indignation sur les réseaux sociaux et ailleurs.

"Lorsque les médias affirment qu'un féminicide peut être la conséquence du comportement de la victime, on fait porter la responsabilité sur la victime, ce qui est précisément l'une des causes des féminicides et de l'absence de sanctions et de lois adéquates", a écrit Amnesty Italie sur Twitter.

"La violence contre les femmes n'est jamais justifiée", a ajouté la ministre pour l'Égalité des chances et la Famille, Elena Bonetti, estimant qu'il s'agit d'un "fléau odieux et inacceptable, encore trop présent dans notre pays"."

Depuis janvier, 83 femmes ont été tuées en Italie, selon le ministère de l'Intérieur, dont plus de la moitié par leur actuel ou ancien mari ou petit ami. Ce problème, dans ce pays d'environ 60 millions d'habitants, n'est pas nouveau. L'institut de recherche Eures indique que 91 femmes ont été assassinées au cours des dix premiers mois de 2020, et 99 au cours de la même période en 2019. Dans de nombreux cas, leur mort était l'aboutissement de nombreux épisodes d'abus.

Au cours des cinq années précédant l'année 2019, 538.000 femmes ont été victimes d'abus physiques ou sexuels de la part de leur partenaire, selon l'Istat, l'institut national de la statistique italien.

Mais selon les experts, ces chiffres pourraient être sous-estimés car de nombreuses femmes hésitent à dénoncer les agressions, en partie par crainte de quitter leur foyers et leurs enfants.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Parapluie
18/septembre/2021 - 11h39
JC732 a écrit :

Il est  tout de même difficile de penser que, sur tous ces cas dramatiques, pas une seule fois la femme aurait pu avoir une petite part de responsabilité dans son propre meurtre.

C'est peut être ce qu'a voulu dire cette journaliste. Exemple: Un homme découvrant qu'il est cocu  prends une bonne cuite. Une engueulade s'ensuit et la femme, au lieu de faire profil bas ne se laisse pas faire et pour expliquer son comportement émet quelques doutes sur sa virilité. Qui sait ce qu'il peut arriver ensuite? La jalousie peut produire des effets dévastateurs. Ça n'excuse rien, mais ça peut expliquer. Et dans un tel cas, peut-on dire que l’épouse n'a aucune part  de responsabilité? Les jurés populaires en France semblent penser le contraire, puisqu'il est bien connu que les crimes passionnels sont moins sévèrement punis que les crimes crapuleux.

Plutôt d'accord avec votre commentaire, j'ajouterais qu'il serait également intéressant d'avoir les statistiques concernant les hommes qui se suicident à cause d'une femme.