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Singapour: Le Premier ministre remporte un procès en diffamation contre le rédacteur en chef et à un journaliste d'un site d'information - Il obtient des dommages et intérêts de près d'un quart de million d'euros

Un tribunal singapourien a accordé au Premier ministre de la cité-Etat d'Asie du Sud-Est des dommages et intérêts de près d'un quart de million d'euros, à l'issue d'un procès en diffamation qu'il avait intenté au rédacteur en chef et à un journaliste d'un site d'information.

Le dirigeant singapourien Lee Hsien Loong a porté plainte pour diffamation à plusieurs reprises contre les médias, ce qui apparaît comme une tactique pour étouffer toute voix discordante dans l'île, selon les critiques. Le rédacteur en chef de Citizen Asia, Terry Xu, "a agi imprudemment, sans respect pour la vérité et avec de mauvaises intentions" contre le Premier ministre, a déclaré la juge Audrey Lim dans son jugement.

Terry Xu et l'un des journalistes du site étaient jugés pour avoir diffamé Lee Hsien Loong dans deux procès distincts. En 2019, le journaliste Rubaashini Shunmuganathan avait publié sur le site un article consacré au conflit ouvert qui divise la famille du Premier ministre de l'île. Lee Hsien Loong s'oppose à son frère et sa soeur sur l'héritage de leur père, le fondateur de Singapour, Lee Kuan Yew, et notamment sur le fait de vendre ou non sa maison. La Haute cour de Singapour a condamné Terry Xu a verser 210.000 dollars de Singapour (132.000 euros) de dommages et intérêts.

Dans un deuxième jugement, le journaliste a été condamné à payer 160.000 dollars de Singapour (100.500 euros), soit un total de 370.000 dollars de Singapour (232.500 euros). Terry Xu, rédacteur en chef d'un site souvent plus critique que les médias historiques de l'île, a lancé une campagne de financement participatif pour payer les dommages et intérêts.

"J'espère que de nombreux Singapouriens patriotiques qui aiment la liberté, la libre expression et la presse libre vont donner généreusement", a indiqué son avocat Lim Tean. En mars, le blogueur Leong Sze Hian avait déjà été condamné à payer près de 100.000 dollars (85.000 euros) pour avoir "diffamé" le Premier ministre en partageant sur Facebook un article où le dirigeant apparaissait lié à un scandale de corruption.

Singapour est devenue une île prospère et à la pointe de la technologie, mais les défenseurs des droits humains accusent son gouvernement de restreindre la liberté d'expression et de réprimer les libertés civiles. L'ONG Reporters sans Frontières classe Singapour à la 160e place sur 180 pays pour la liberté de la presse.

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Vos réactions

Portrait de Failloux
6/septembre/2021 - 02h43 - depuis l'application mobile

Singapour a développé depuis son indépendance le concept de démocratie autoritaire et ça marche ! Personne n’ose rien dire car un simple billet sur un blog peut vous envoyer en prison. Pire, les gens chuchotent lorsqu’ils discutent au sujet du gouvernement au cas où leurs téléphones soient sur écoute. La carte postale de Singapour est très éloignée de la vérité. Les Japonais qui y vivent ont trouvé une belle formule pour décrire le pays, ils parlent de “Corée du Nord éclairée”.

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6/septembre/2021 - 02h43 - depuis l'application mobile

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