04/07 07:16

Vague de chaleur sans précédent en Irak : L'électricité n'arrive plus dans les maisons où réfrigérateurs, climatiseurs et autres ventilateurs ne servent plus à rien

En Irak, avec 52 degrés à l'ombre, le pays est plongé dans le noir. Pas un seul watt d'électricité n'arrive dans les maisons où réfrigérateurs, climatiseurs et autres ventilateurs ne servent plus à rien. Quand il avait encore du courant, Ali Karrar est allé jusqu'à allonger quelques minutes son nourrisson au frigo dans sa ville d'al-Hilla, au sud de Bagdad.

A Diwaniyah, plus au sud, Rahi Abdelhussein n'arrête pas d'amener des sacs de glaçons pour hydrater ses enfants.

Partout à travers le pays, les commerçants ont installé des tuyaux, robinets et autres pommeaux improvisés pour que les passants puissent se doucher sur le trottoir avant de reprendre leurs achats... tout secs quelques minutes plus tard.

Le pire, comme à chaque fois, c'est à Bassora, la seule ville côtière du pays, où le ressenti des grandes chaleurs -- plus de 50 degrés -- est multiplié par l'humidité. La moiteur et l'inconfort sont tels que le gouvernorat a décrété quatre jours fériés cette semaine pour éviter aux habitants de sortir et aux pots d'échappement de faire grimper la température.

"On fait dormir les enfants par terre pour chercher un peu de fraîcheur et nous, les adultes, on ne ferme pas l'oeil de la nuit", raconte à l'AFP Mechaal Hachem, docker et père de trois enfants à Bassora.

Le scénario catastrophe de cette année est le résultat de dizaines d'actions qui ont déclenché des réactions en chaîne.

Résultat, au beau milieu de la nuit de jeudi à vendredi, plus aucun watt ne circulait dans les lignes électriques du pays.

Qui est responsable de tout ça, s'interrogent nombre des 40 millions d'Irakiens qui ont vu en près de 20 ans la moitié des pétrodollars du pays disparaître dans les poches de politiciens et d'hommes d'affaires véreux.

"Le ministère de l'Electricité dit +c'est la faute du ministère du Pétrole+, le Pétrole dit +c'est la faute des Finances+, les Finances disent +c'est la faute de l'Iran+, l'Iran dit +c'est la faute du gouvernement irakien+, le gouvernement dit +c'est la faute du peuple+, le peuple dit +c'est la faute des politiques+ et les politiques disent +il faut faire avec+", résume, ironique, le chercheur Sajad Jiyad sur Twitter.

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Vos réactions

Portrait de Libertas
4/juillet/2021 - 15h02

Il est pas cool Allah, après tous ce qu'ils ont fait pour lui...