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Justice: De la prison ferme requise en appel à l'encontre de Marvel Fitness, le Youtubeur accusé de harcèlement moral sur d'autres influenceurs

Le parquet général de Versailles a requis en appel la même peine qu'en première instance à l'encontre de Marvel Fitness, un Youtubeur condamné en septembre à deux ans de prison dont un avec sursis pour harcèlement moral sur d'autres influenceurs.

Lors de son procès devant la cour d'appel de Versailles, Marvel Fitness, 32 ans aujourd'hui, s'est défendu en expliquant avoir réalisé des "vidéos satire" mais "sans intention haineuse".

Le harcèlement moral est caractérisé quand il a "pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime", lui a rétorqué l'avocate générale, relevant une "violence gratuite" qui pourrait "se reproduire".

"Je ne l'ai pas senti faire un pas vers les victimes", a-t-elle expliqué, invitant Marvel Fitness à "tourner sept fois (sa) souris sur (son) clavier avant de cliquer".

Contrairement à son premier procès où il avait gardé le silence, Marvel Fitness s'est longuement exprimé mardi sur "le pourquoi" des faits reprochés, reconnaissant "avoir ses torts".

Mais "quand je vois aujourd'hui qu'ils veulent que je retourne en prison, je me demande s'ils cherchent la justice ou à me détruire", ajoute l'influenceur au sujet des huit parties civiles, dont d'autres influenceurs et une avocate.

"C'est une histoire qui peut paraître assez complexe, mais elle est très simple: il y a beaucoup d'histoires d'ego, beaucoup de choses ont été faussées", poursuit Habannou S., lunettes aux montures dorées et T-shirt noir à manches longues.

Suivi par près de 169.000 abonnés sur Youtube où il publie notamment des vidéos de conseils de musculation, Marvel Fitness a gagné en notoriété grâce à ce qu'il a appelé ses "dramas", c'est-à-dire des prises à partie d'autres influenceurs fitness.

Selon lui, des "parodies" pleines d'"humour" pour mettre au jour "les vices du métier" comme les "arnarques" ou "le photoshop".

"L'humour on veut bien, mais il y a des termes employés comme +folle mythomane+, +pute+, +barjo+... Dans les faits de harcèlement, il y a l'idée de salir quelqu'un", lui rappelle le président de la chambre.

"Si on peut rire, donner un avis, on ne peut pas persécuter", abonde Laure-Alice Bouvier, avocate des parties civiles et elle-même représentée par un conseil dans cette affaire, Marvel Fitness étant aussi jugé pour "violence sur avocat sans incapacité".

Ces termes injurieux ont été employés car "j'étais un homme en colère", répond Marvel Fitness, évoquant un photo-montage à caractère sexuel qui lui était attribué et créé par l'influenceuse et partie civile Aline Dessine.

Aline Dessine, visée par une enquête au sujet du photo montage en Belgique, explique elle avoir réagi par détresse face "aux menaces" de Marvel Fitness de "la détruire".

"Et Katsumi, c'est qui?", s'enquiert le président.

"C'est le surnom que je donnais" à un autre influenceur, Tristan Defeuillet-Vang, qui avait laissé un commentaire critique sur une de ses "vidéos satire", répond Marvel Fitness.

"Mais, c'est qui Katsumi?"

"C'est une actrice."

"Une actrice de quoi?"

"De X", lâche enfin Marvel Fitness. "Voulant me défendre, j'ai fait ce que je sais faire: de la vanne".

Les parties civiles reprochent à Marvel Fitness d'avoir incité ses abonnés à mener des "raids" numériques à leur encontre. "On est des influenceurs, on est responsable de nos audiences", juge Tristan Defeuillet-Vang. "Personne réalise ce que c'est 50.000 tweets qui te disent d'aller te suicider".

Aline Dessine, suivie par plus de 325.000 abonnés sur Instagram, raconte elle en pleurant souffrir de terreurs nocturnes et "faire semblant que ça va bien, car les réseaux c'est mon métier".

Lors de l'enquête, des influenceurs visés par Marvel Fitness ont aussi fait part de préjudices financiers sur leur carrière.

"Un conflit de cour de récréation un peu ridicule qui n'aurait pas dû être judiciarisé", tacle l'avocat de Marvel Fitness, Me Juan Branco, mettant en doute "la crédibilité de la parole des parties civiles", des personnes "publiques" et "pas vulnérables".

La cour rendra son arrêt le 28 septembre.

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Vos réactions

Portrait de seb2746
16/juin/2021 - 14h13

Le gars fait des appels aux meurtres, menaces physiques et va jusqu’à venir agresser des femmes à 10 contre 1 devant témoins mais veut faire passer ça pour "du rire"...

 

Prison ferme et bracelet à vie des mec comme ça.