12/04/2021 10:02

Le procès de 18 anciens membres de la BAC Nord de Marseille, accusés d'être des "ripoux", s'ouvre aujourd'hui - Mais de quoi sont-ils accusés ? - VIDEO

A 08h30, au tribunal correctionnel de Marseille, ce ne sont pas des dealers mais 18 ex-policiers de la brigade anticriminalité de Marseille qui seront jugés pour leurs dérapages présumés, dans le procès dit «de la BAC Nord». Véritables «ripoux» ou simples flics de terrain peu regardants avec les procédures?

Les juges devront trancher à l'issue des deux semaines d'audience où comparaîtront ces hommes âgés de 37 à 60 ans poursuivis pour avoir dépouillé, il y a neuf ans, des trafiquants de drogue et autres revendeurs de cigarettes de contrebande qu'ils contrôlaient dans des cités des quartiers nord de la ville. Barrettes de cannabis, sacoches pleines d'argent, cartouches de cigarettes: alors commandés par Jean Fiorenti, 41 ans, Mohamed Chenine, 36 ans et Bruno Carrasco, 51 ans, les trois groupes de jours de la BAC Nord se servaient copieusement, comme le laissent entendre leurs discussions, de mai à octobre 2012, alors que leurs bureaux et leurs véhicules étaient «sonorisés» par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

«Ils se payaient sur la bête, ils prélevaient leur dime», avait lâché le procureur de Marseille, Jacques Dallest, en octobre 2012, stigmatisant un service victime de «gangrène». «Il n'y pas de place pour ceux qui salissent l'uniforme de la police», avait accusé Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avant de dissoudre l'ensemble de la brigade. La «sonorisation» du 17 juillet 2012, mettant notamment en scène Jean Fiorenti, semble résumer l'esprit qui régnait dans le service: «On commence à avoir un bon petit groupe, où on sait qu'on ferme nos gueules. Ce qui se dit dans la voiture reste dans la voiture».

D'autres enregistrements semblent accablants. Ici on évoque une sacoche contenant «plus de 2.500 euros», volée à un dealer de la cité des Rosiers, qui permet de «régaler cinq collègues». Là c'est une perquisition illégale, «à la mexicaine», dans un appartement, où quatre policiers échouent sur le fil à voler 2.000 euros de marchandise. Puis il y a ce «gitan», selon leurs mots, à qui ils «piquent un peu de pognon». Ou ce voleur à l'arraché finalement relâché après négociation: «Allez, file nous deux barrettes (de cannabis) et on te laisse tranquille».

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