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La tension monte chez Paris-Turf, dont le repreneur sera désigné le 30 juin: l'intersyndicale du groupe de presse hippique a lancé un appel à la grève

La tension monte chez Paris-Turf, dont le repreneur sera désigné le 30 juin: l'intersyndicale du groupe de presse hippique a lancé un appel à la grève et s'inquiète notamment que l'offre de Xavier Niel, pourtant moins favorable à l'emploi, fasse désormais la course en tête. Le Tribunal de commerce de Bobigny, qui a examiné les propositions de reprise du groupe en redressement judiciaire depuis fin mai, lors d'une audience organisée ce lundi, rendra sa décision le 30 juin, ont précisé à l'AFP des sources syndicales. Plusieurs dossiers ont été déposés mais seules deux offres visent la totalité des activités du groupe. D'un côté, l'imprimeur Riccobono, allié à Mayeul Caire, le fondateur du quotidien "Jour de Galop".

Ce tandem est soutenu par Eric Brion, ex-patron de la chaîne Equidia, et Philippe Abreu, membre du directoire de Paris-Turf. De l'autre, NJJ Presse, la holding personnelle de Xavier Niel, le fondateur d'Iliad (Free), venu en personne défendre son dossier au tribunal de commerce. Or, bien que le CSE du groupe ait exprimé vendredi son soutien à l'offre de Riccobono, mieux disante en termes d'emplois, plusieurs parties prenantes se sont prononcées à l'audience en faveur de Xavier Niel, au grand dam des représentants des salariés.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, l'intersyndicale s'étonne "de l'unanimité émergeant des avis du procureur, des créanciers et des administrateurs", favorables à NJJ Presse, alors que "ces positions vont à l'encontre de l'avis du CSE et, selon cette instance, de l'intérêt général ainsi que de l'intérêt des salariés". Ce qui, dénoncent les syndicats, tendrait à prouver que "les dés étaient pipés" avant l'audience.

Pourtant, "le CSE avait conclu que l'offre la mieux-disante sur le plan social est celle de Riccobono", rappelle l'intersyndicale, qui veut croire "que la présence de Xavier Niel en personne au tribunal n'a pas influencé les avis". "En conséquence, l'intersyndicale du groupe Paris-Turf, en accord avec le CSE, a décidé de confirmer la grève qui avait été annoncée par préavis dimanche", et elle prévient que faute de nouvelles rassurantes concernant le paiement des salaires de juin, "les salariés pourraient recourir à une grève illimitée". Cette grève devrait entraîner le blocage de la parution des titres du groupe.

Pour l'activité du groupe dans les paris en ligne, l'affaire sera jugée séparément le 23 juillet (les repreneurs devant recevoir au préalable un agrément de l'Autorité de régulation des jeux), a précisé l'une des sources syndicales à l'AFP. Le groupe Paris-Turf, numéro un de la presse hippique française avec une dizaine de titres (Paris Turf, Bilto, Cheval Magazine etc.), emploie 250 personnes, dont 120 journalistes titulaires et 50 pigistes.

Frappé par l'arrêt des courses liée au coronavirus, qui l'a obligé à suspendre l'impression de ses journaux, et la crise du distributeur de journaux Presstalis, il a été placé en redressement judiciaire le 26 mai. Le groupe Paris-Turf avait été repris en 2013 par Jacques-Henri Eyraud, l'actuel président de l'OM, majoritaire (à 66,57%), avec Jean-Claude Seroul, grand propriétaire de chevaux et fondateur des Editions en Direct (à 33,43%).

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