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Disparition - Michou a demandé à ce que son célèbre cabaret ne lui survive pas après sa mort : "Je veux qu'il ne reste qu'une petite plaque sur la devanture" - Vidéo

Personnage incontournable des nuits parisiennes, le célèbre Michou est décédé ce matin à l'âge de 88 ans. L’homme en bleu, qui s’était confié en juin 2018, avait tout prévu pour ses obsèques: "Il y a une trentaine d’années, j’ai réservé un emplacement dans le cimetière Saint-Vincent, en plein Montmartre, où repose déjà Denise, ma mère spirituelle. Je veux que cette maison disparaisse avec moi. Cela peut paraître prétentieux mais le cabaret ne me survivra pas. Après la messe d'une heure à l'église Saint-Jean", je veux également qu'un petite plaque à mon nom soit placardée sur la devanture." 

Le cabaret a ouvert ses portes le 13 juillet 1956, il y a maintenant 60 ans et le succès est toujours au rendez vous chaque soir. Michou, dernier dinosaure de la nuit parisienne, comme il se plaît à le dire lui même, a débarqué Gare du Nord venant d'Amiens, sa ville natale, en 1949 pour conquérir Paris qu’il ne quittera plus. Il se fera adopter par un village qu’il aime par dessus tout: Montmartre.

Le lieu est un bel écrin recouvert de glaces et surtout d'une galerie de photos du maître des lieux avec les plus grandes stars qui sont, bien sûr, passées au cabaret voir Michou et son spectacle particulièrement étonnant et d’une grande qualité grâce à une belle équipe d’artistes, fidèle, pleine de talent et d’envie. Michou, incontestable roi de la fête et de la démesure, n'a pas voulu pousser ses murs pour garder une ambiance confinée, feutrée, amicale et chaleureuse. C'est peut être là aussi le secret de ce succès incroyable qui dure depuis si longtemps et de cette ambiance unique qui plaît tant à nos convives. Le public, très éclectique, donne à chaque soirée, une émotion nouvelle si sympathique. Michou a su, avec ce lieu magique, créer un univers où le temps reste suspendu et où la joie de vivre règne en maître.

Michou confie: « Nous étions tous de joyeux lurons, Eugène, Lucien et moi, prêts à tout pour épater la galerie en nous amusant. «Chez Michou » s'appelait encore Madame Untel, on y dansait au sous-sol et on n’y croisait pas que des machos et des oies blanches. Un beau soir, l'envie nous est venue d'ajouter un peu de folie à cette adresse qui commençait à ronronner... Maquillés, déguisés et dotés de pseudos farfelus, la Grande Eugène, Phosphatine, Miss Glassex, Paulette Harpic, Lady Paic... Nous nous sommes jetés à l'eau un jour de mardi-gras. C'était en 1968! Nos clients ont aimé, ils en ont même redemandé... Les bases de la revue étaient écrites, elles se sont affinées avec les années, toujours entre émotion et rire. J'imitais Brigitte Bardot en terminant mon numéro presque nu... Pour l'époque, c'était culotté... »

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Vos réactions

Portrait de Voltaire .
27/janvier/2020 - 10h20

C’est quand même assez égocentré ,  que de vouloir être irremplaçable ...Non ?

Portrait de Pimboy
26/janvier/2020 - 19h09 - depuis l'application mobile

Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables, un peu déçu de sa décision de voir son cabaret disparaître avec lui...

Portrait de lahainesurinternet
26/janvier/2020 - 17h11

C'est une petite partie de l'esprit de la France qui s'en va..

Portrait de lilirose45
26/janvier/2020 - 16h28

Il ferme boutique mais que vont devenir les personnes qui travaillent au cabaret ?

Portrait de Panurge
26/janvier/2020 - 16h12

Sans oublier le repas annuel avec les personnes âgées du quartier  Michou était aussi un homme de cœur...