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"Il faut aborder les violences contre les femmes comme des faits de société et non comme des faits divers" conseille l'Unesco aux journalistes

Il faut aborder les violences contre les femmes comme des faits de société et non comme des faits divers, conseille l'Unesco aux journalistes dans un guide publié, en amont de la Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes. "Les violences à l'égard des femmes sont souvent traitées sous forme de brèves ou de faits divers. Elles sont présentées comme des histoires individuelles, intrafamiliales et privées", analyse l'Unesco. "Or, il ne s'agit pas de faits isolés, quelconques, mais bien d'actes récurrents, qui doivent être traités comme des violations des droits humains et des enjeux de société majeurs". "Lorsque les médias décident de consacrer du temps à ces thématiques et en font un réel objet d'investigation et de reportage, ils réussissent souvent à changer non seulement le regard porté sur le phénomène, mais parfois aussi les lois elles-mêmes", souligne l'Unesco. "Les journalistes peuvent contribuer à briser le silence et à sortir cette question de la sphère privée, où elle est encore trop souvent reléguée". L'organisation conseille aux journalistes de faire attention aux titres ("éviter d'en parler sur un mode gai ou sur le ton de l'anecdote"), et d'analyser les statistiques avec prudence. En résumé, de pratiquer un journalisme de "service" (rappeler les numéros d'urgence) et de "solutions" (décrire les initiatives de lutte contre ce phénomène). L'Unesco conseille aussi de "ne pas relayer sans prise de distance les propos du procureur ou de l'avocat d'un meurtrier, souvent très complaisants pour son client". Il faudrait "éviter de minimiser les faits, d'occulter les responsabilités, voire de mettre victime et meurtrier sur un même pied, avec des titres comme +Un couple retrouvé mort+ ou +Deux morts par balle+, qui laissent supposer qu'il y a eu un double meurtre". Ce "manuel pour les journalistes" riche en statistiques et en bonnes pratiques, intitulé "Informer sur les violences à l'égard des filles et des femmes", est disponible en français et en anglais sur le site de l'Unesco. Il donne aussi des conseils pratiques pour réaliser une interview avec une survivante : créer un climat de bienveillance et de confiance avec elle, mais aussi veiller à sa sécurité, souvent à son anonymat. Pour bien couvrir les violences contre les femmes, "les journalistes devraient anticiper", souligne l'Unesco : "ne pas attendre, pour aborder le problème, qu'une instance internationale ou une ONG sorte un rapport, organise une conférence ou mette sur pied un voyage de presse, mais effectuer un travail régulier d'enquête et de reportage".

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Vos réactions

Portrait de Merlinot49
23/novembre/2019 - 14h02

J'ai comme impressions que l'on oppose les violences contre les femmes, contre les autres violences, comme celles des enfants et même celles contre les hommes. Pour moi il faudrait faire quelque chose contre TOUTES les violences, et pas les compartimenter....