02/03/2015 09:47

Amendes requises contre BFMTV et Le Parisien pour avoir publié des photos de la tuerie de Chevaline

Des peines d'amende ont été requises à l'encontre de deux responsables de BFMTV et du Parisien, ainsi que d'un consultant de la chaîne, poursuivis vendredi devant le tribunal correctionnel d'Annecy pour avoir publié, il y a un an, des photos de la tuerie de Chevaline.

Le jugement a été mis en délibéré au 29 mai.

Le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud, a réclamé 10.000 euros d'amende à l'encontre du directeur de la rédaction de BFMTV et du directeur de la publication du Parisien, ainsi que du journaliste Dominique Rizet qui avait présenté et commenté les photos incriminées, diffusées en exclusivité par la chaîne, à l'antenne. Tous trois sont poursuivis pour atteinte à l'intégrité d'un cadavre, reproduction illicite d'une scène de crime et recel de violation du secret de l'instruction.

Alors que la défense se retranche notamment derrière la liberté d'informer, le procureur a jugé qu'en la matière, "la ligne rouge avait été franchie" en montrant deux photos de la scène de crime où l'on voyait au sol le corps d'une victime, Sylvain Mollier, dont six proches ont porté plainte.

"Il n'y avait là qu'un seul objectif: l'audimat, le sensationnel. Et la satisfaction de certains journalistes. C'est une histoire d'ego: +regardez ce que moi seul suis capable de vous montrer+", a lâché M. Maillaud, ajoutant que "le respect de la dignité humaine fait aussi partie de la déontologie des journalistes".

"C'est le procès de l'information par l'image que l'on veut faire", a rétorqué Me Basile Ader, avocat du Parisien.

Ces photos, dont la troisième montrait la famille britannique al-Hilli peu de temps avant le drame, avaient été publiées en février 2014 alors qu'un éventuel suspect de la tuerie était en garde à vue.

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne, sa femme de 47 ans, et sa belle-mère de 74 ans, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline (Haute-Savoie). Sylvain Mollier, probable victime collatérale, avait également été abattu. L'une des fillettes du couple al-Hilli avait été grièvement blessée tandis que la seconde, cachée sous les jambes de sa mère, s'en était miraculeusement sortie indemne.

L'audience s'est déroulée sans les prévenus, représentés par leurs avocats. "Aucun n'a eu le courage ou la décence de venir aujourd'hui", a dénoncé Me Caroline Blanvillain, avocate de la famille Mollier.

La défense a plaidé la relaxe en contestant toute atteinte à l'intégrité d'un cadavre, qui selon elle est forcément d'ordre physique.

Me Ader et Pierre-Randolph Dufau, avocat de BFMTV, ont ajouté qu'on ne pouvait pas identifier la victime, dont le visage avait été flouté, et qu'on ne pouvait reprocher d'avoir publié les photos sans son consentement puisqu'elle était morte - contestant ainsi la constitution de partie civile des proches.

Ils ont enfin balayé le recel de violation du secret de l'instruction au motif que l'auteur de la fuite n'a pu être identifié. Le procureur a indiqué que l'enquête sur ce point serait classée sans suite, précisant au passage que les photos publiées proviendraient d'un DVD communiqué aux nombreux enquêteurs de l'affaire, ayant servi aussi lors d'une présentation de l'affaire à la hiérarchie de la gendarmerie nationale.

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Vos réactions

Portrait de piedsdansleplat
2/mars/2015 - 10h56

toujours cette manie de publier des infos en EXCLUSIVITÉ pour BFMTV.  ils sont incorrigibles, je ne regarde plus cette chaine.