23/01/2015 09:39

Serge Moati: "Pendant la marche républicaine, la police a cru qu'une voiture piégée se dirigeait vers la manif"

Posté, caméra au poing, à l'intérieur du centre de crise du ministère de l'Intérieur, le réalisateur Serge Moati a pu filmer les coulisses de la traque des auteurs des attentats de janvier, pour un documentaire programmé sur France 3 en avril-mai.

"Je venais de terminer trois mois de tournage d'un documentaire sur les coulisses du ministère de l'Intérieur", a-t-il raconté , en marge d'une présentation du festival des créations télévisuelles de Luchon qu'il préside.

Le 7 janvier, "quand j'ai appris l'attaque contre Charlie Hebdo, je suis d'abord allé sur place car c'était mes amis. Ensuite, comme j'avais mes entrées au ministère, j'ai pu entrer dans le bunker du sous-sol qui abrite le centre de crise, avec un autre caméraman. Je suis resté dans le bunker jusqu'à la fin de la marche républicaine", a-t-il expliqué.

"J'ai pu filmer au plus près comment les décisions se prennent, comment l'État a réagi à ça et réuni dès le lendemain tous les ministères, avec aux commandes le trio Cazeneuve-Valls-Hollande.

J'ai filmé le soir des assauts gérée de l'intérieur du bunker, tandis que d'autres de mon équipe étaient sur place."

"La maîtrise des fonctionnaires de police et de gendarmerie m'a impressionné", a-t-il poursuivi.

"J'ai pu aussi voir, par exemple, comment la caméra (de sécurité) installée en haut de la colonne de la Bastille pouvait zoomer jusqu'à individualiser un visage en gros plan.

Un moment, pendant la marche républicaine, la police a reçu une alerte sur l'approche d'une voiture piégée qui se dirigeait vers la République. Gérer ça, vous imaginez... mais c'était une fausse alerte", a-t-il encore raconté.

"A la fin de la marche, je me suis retrouvé en train d'embrasser le fonctionnaire qui avait tout surveillé sur ses écrans", a-t-il souri.

Il a aussi relaté le moment de stress des forces de l'ordre quand la télé a montré des images des préparatifs de l'assaut contre l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, où se trouvait Amédy Coulibaly.

Car la police craignait que ces images n'alertent les frères Kouachi, retranchés dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), où un autre assaut a été donné presque simultanément.

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Vos réactions

Portrait de piedsdansleplat
23/janvier/2015 - 10h59

je maintiens ce que j'ai dit : les médias ont voulu faire du sensationnel, de l'exclusivité.

Avec deux prises d'otages simultanées les risques étaient grands que des complices à l'extérieur informent les terroristes et fassent échouer ce qui a été un succès. Les téléspectateurs et auditeurs attendront bien quelques heures que les affaires soient terminées.