14/10/2014 07:42

Nice Matin: L'investissement dans le numérique pour enrayer le déclin du papier

L'investissement dans le numérique pour enrayer le déclin du papier est au coeur des stratégies évoquées par les repreneurs potentiels du groupe déficitaire Nice-Matin (160.000 exemplaires), alors qu'internet ne représente encore que 2,5% du chiffre d'affaires global.

En 8 ans, la diffusion du titre Nice-Matin en nombre d'exemplaires par jour a chuté de 23%, celle de Var-Matin de 13%.

La chute des recettes publicitaires, les investissements en rotatives, l'augmentation du coût des matières premières a encore accentué les difficultés du groupe placé en redressement judiciaire en mai.

"Faute d'avoir mis en place une stratégie numérique pertinente, la baisse de la diffusion papier n'a pu être compensée par de nouvelles recettes", souligne la proposition de reprise par les salariés.

Ils ambitionnent d'arriver à une part de 20% dans le numérique dans le chiffre d'affaires, à échéance 7 à 10 ans.

Cela passe nécessairement par des investissements et une offre gratuite sur internet associée à "des contenus de qualité payants réservés aux abonnés" (enquêtes sur des entreprises régionales, guides de promenades).

Le premier groupe de presse francophone belge Rossel, fort d'avoir déjà développé des outils multi-média pour ses nombreux titres en France et en Belgique, souhaite que les journalistes soient à l'avenir "multi-fonctions".

En complément, il souhaite aussi se développer dans l'audiovisuel, en négociant le rachat de radios indépendantes dans les Alpes-Maritimes et le Var, et en obtenant une future fréquence de télévision régionale dans le Var.

Presque tous croient dans le même temps à la force traditionnelle de la presse régionale, experte dans l'information locale voire hyper-locale, en maintenant les 14 éditions différentes des titres Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin.

Georges Ghosn, ne s'appesantit pas outre mesure sur le numérique mais veut plutôt réinventer la presse régionale en la tirant "vers le haut" pour attirer de nouveaux lecteurs, comme les cadres et les entrepreneurs.

Il prône seulement cinq éditions au contenu plus "régional" (avec un cahier central de 16 à 24 pages pour chaque département) et plus "national" et "international"(chroniqueurs parisiens, ainsi que des pages bourse, entreprises, culture).

Son objectif est ainsi de prendre 20% de la lecture du Monde et du Figaro, augmenter le prix et rendre le groupe beaucoup plus rentable "jusqu'à la transition totale vers le numérique", dans un horizon lointain.

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