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La journaliste Claire Checcaglini, qui s'était infiltrée pendant plusieurs mois au FN pour en raconter l'envers du décor dans un livre, a gagné une première manche judiciaire vendredi face à Marine Le Pen, avec une relaxe à Paris dans un procès pour diffamation.
Outre cette affaire, la journaliste pourrait également comparaître, au tribunal de Nanterre cette fois, pour escroquerie, après une autre plainte du Front national sur les conditions dans lesquelles elle a enquêté.
Dans "Bienvenue au Front - Journal d'une infiltrée" (Editions Jacob Duvernet), Claire Checcaglini, qui avait pris une fausse identité pour entrer au FN, fait le récit de son militantisme au sein du parti d'extrême droite, en 2011, dans la fédération des Hauts-de-Seine, puis à Paris.
La présidente du FN avait déposé plainte en diffamation. Etait visé un passage où l'auteure racontait une conversation avec un cadre, qui lui-même rapportait des propos de la présidente du FN sur son discours sur l'islam. "Si je caresse l'islam dans le sens du poil de temps en temps, ce n'est pas pour eux (les musulmans), c'est pour les Français, qui croient encore, ces cons-là, que l'islam est une religion", racontait ce cadre frontiste, en mettant ces mots dans la bouche de Marine Le Pen.
"Si je dis que l'islam n'est pas fréquentable, que c'est la pire des choses, ils me traiteront de raciste et ne voteront pas pour moi", poursuivait-il, en prêtant toujours ces propos à la présidente du FN.
Des propos qui la "font passer pour quelqu'un de particulièrement déloyal et malhonnête", avait plaidé lors de l'audience l'avocat du parti d'extrême droite, Me Wallerand de Saint-Just. La 17e chambre correctionnelle a estimé que cette malhonnêteté intellectuelle prêtée à Marine Le Pen relevait de la libre opinion mais non d'un fait précis pouvant être qualifié de diffamatoire. L'avocat du FN n'a pas précisé s'il ferait appel.
De son côté, Me Léa Forestier, avocate de la journaliste et de l'éditeur, s'est félicitée de cette relaxe face à Marine Le Pen, qui "revendique une très grande liberté d'expression mais aimerait bien être la seule à en bénéficier". La présidente du FN "s'inscrit dans la longue tradition familiale d'instrumentalisation de la justice à des fins d'intimidation", a aussi commenté l'avocate.
Vos réactions
Il faut avouer que le procédé de ces journalistes n'est pas très honnête.
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