rouen Une soirée d'anniversaire a tourné au cauchemar, samedi dernier, à Rouen (Seine-Maritime), où une quinzaine de jeunes catholiques a été violemment agressés par plusieurs dizaines d'individus aux cris de "Sales Blancs, on va vous buter", "Fachos". Les victimes, âgées d'une vingtaine d'années, se rendaient à la célèbre foire Saint-Romain après avoir passé une soirée entre amis.
Aujourd'hui, Pierre-Alexis Michau a témoigné dans "24h en France" sur CNews, trois jours après la violente agression. "Pour l'anniversaire d'un ami, on a fait un dîner très tranquille, très bon enfant. On a décidé - on n'était pas très loin de la foire - d'aller à la foire. Donc on prend le tram, on va à la foire et on chante quelques chants. C'était des chants catholiques, il n'y avait rien de revendicatif, de partisan. On chantait entre nous, on n'avait pas vocation à prendre l'espace public pour nous", a débuté le jeune homme.
Et de poursuivre : "On arrive près de la foire. Il y avait une allée d'environ 30 mètres, on était en train de chanter, quand on entend à notre gauche 'il y a des fachos, regardez les fachos'. Nous on se tait immédiatement, on continue tout droit et on commence à recevoir des projectiles. En l'espace de 30 secondes et 1 minute 30, il y a des gens qui nous courent dessus".
"Il y avait des dizaines de personnes, nous on s'est chacun retrouvé face à plusieurs individus. On était complètement en sous-nombre, on a vraiment été complètement débordés. Certains ont fini à terre. J'ai un bon ami dont c'était l'anniversaire, qui s'est retrouvé par terre inconscient, il n'a même pas souvenir d'être tombé par terre. Ils l'ont frappé par derrière et il se faisait lyncher à coups de pied. C'était clairement de l'ordre de la mise à mort. Il se prenait des coups de pied dans le crâne. Il a eu la cloison nasale complètement déviée", a poursuivi le jeune.
Pierre-Alexis Michau ajoute qu'un de ses amis a eu "les habits déchirés, il était en sang". D'autres "se sont pris des coups de poing et ont eu le visage tuméfié". "Ca s'est passé très rapidement, il faisait nuit, il y avait beaucoup de personnes. Je pense que c'était un groupe relativement unifié qui sortait de la foire au moment où nous on allait y entrer. On les a croisés à ce moment-là et je pense qu'ils se connaissaient.", a-t-il confié.
Avant de poursuivre : "On n'est pas arrivés en tant que catholiques, on n'est pas allés à la confrontation, on ne les a même pas vus a priori. On n'est pas allés les voir, ni les menacer, ni les insulter. Il n'y avait aucune excuse, aucune raison, aucune légitimité de s'en prendre à nous. C'était de l'ordre du jugement d'apparence, du délit de faciès et du jugement aussi religieux. Parce qu'on chantait un chant catholique, parce qu'on était dans l'espace public en tant que chrétien, en tant que blanc, en tant que Français tout à fait classique, habillé de manière classique et ça ne leur plaît pas".
Des policiers qui étaient à proximité sont intervenus après avoir été contactés par des témoins de la scène. "Ils sont arrivés immédiatement mais les agresseurs se sont dispersés. Aucun n'a été pris sur le fait", a-t-il indiqué.
Les jeunes qui ont eu des blessures les plus sévères sont allés à l'hôpital. Plusieurs ont porté plainte après les faits dont ils ont été victimes.
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