marseille Huit ans presque jour pour jour après l'effondrement de deux immeubles qui avait coûté la vie à huit personnes à Marseille, un nouveau procès s'ouvre ce lundi. Quinze prévenus comparaissent en appel devant la justice marseillaise, dans une salle spécialement aménagée pour les procès d'envergure, face à près de 90 parties civiles.
Le 5 novembre 2018, à 9h07, les immeubles des 63 et 65 rue d'Aubagne, dans le quartier populaire de Noailles, s'étaient écroulés en quelques secondes. Cinq hommes et trois femmes avaient péri sous les décombres, malgré de multiples alertes concernant la dégradation des bâtiments.
Le premier procès, ouvert en novembre 2024, avait abouti en juillet 2025 à dix condamnations, dont trois peines de prison ferme, et six relaxes. Le tribunal avait également prononcé un total de 358.000 euros d'amendes, des sanctions jugées insuffisantes par les familles des victimes et le ministère public.
L'ancien adjoint au maire chargé du logement insalubre, Julien Ruas, et l'expert-architecte Richard Carta avaient notamment écopé de deux ans de prison avec sursis. Deux copropriétaires, Xavier Cachard et Gilbert Ardilly, avaient été condamnés à quatre ans d'emprisonnement, dont deux ans ferme sous bracelet électronique.
Le parquet a fait appel des condamnations mais également de plusieurs relaxes, notamment celles concernant le bailleur social Marseille Habitat et certains copropriétaires. Au cœur des débats figurent les expertises défaillantes, les travaux insuffisants et les responsabilités des propriétaires, des gestionnaires immobiliers et des autorités municipales.
Les investigations avaient établi que l'état de dégradation des bâtiments rendait leur effondrement inéluctable, alors qu'aucune évacuation des habitants n'avait été ordonnée. « La faible sévérité des peines » avait constitué une « désillusion », selon Kevin Vacher, porte-parole du collectif du 5-Novembre, qui réclame une réponse judiciaire à la hauteur du drame.
À la veille de l'ouverture du procès, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées hier à Marseille, derrière le mot d'ordre « Plus jamais ça ». La catastrophe reste le symbole du mal-logement dans une ville qui compterait encore près de 40.000 logements indignes, malgré les mesures engagées depuis 2018.
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