amazon Le tribunal correctionnel d’Avignon a condamné Patrick O’Brien, un ressortissant irlandais de 60 ans domicilié à Avignon, pour apologie de crime contre l’humanité et menaces de mort à caractère antisémite, après une altercation avec deux touristes australiens de confession juive dans un hypermarché du Pontet, le 11 août 2026.
La peine de six mois d’emprisonnement prononcée contre lui, présentée comme assortie du sursis par l’avocate des parties civiles, est jugée insuffisante par ces dernières. Le tribunal n’a pas retenu l’interdiction du territoire français pendant trois ans demandée par le ministère public.
Lors des faits, filmés dans une vidéo visionnée plus de dix millions de fois, le sexagénaire avait exprimé son regret qu’Hitler n’ait pas achevé l’extermination des Juifs, avant de lancer à deux reprises «Ramenez Hitler», puis de menacer la femme de lui «mettre une putain de balle dans la tête».
Outre la peine d’emprisonnement, Patrick O’Brien devra verser 500 euros à chacune des victimes et 300 euros à chacune des deux associations parties civiles, Contre la haine, l’antisémitisme, le racisme (CHAR) et B’nai B’rith.
«L’association CHAR prend acte de cette décision, mais en regrette la légèreté», a réagi Me Annie Cohen, avocate des parties civiles, qui souligne que «L’enquête a montré que ces propos n’étaient pas un emportement isolé.»
L’exploitation du téléphone du prévenu a en effet révélé des messages antérieurs à l’agression, dans lesquels il tenait des propos racistes et appelait à «se débarrasser des ordures». D’autres échanges visaient les personnes arabes et noires et présentaient la France comme un pays envahi.
À l’audience, cet homme originaire de Dublin s’est décrit comme un «grand humaniste» ayant «beaucoup voyagé et travaillé avec des personnes de toutes cultures». Il a également invoqué une interruption de traitement, sans fournir de document médical à l’appui de cette explication.
Durant sa garde à vue, il avait pourtant relaté précisément la scène et reconnu avoir cherché à «blesser» ses interlocuteurs, expliquant que sa colère était survenue lorsqu’il s’était «rendu compte» que l’homme «était juif».
Pour Me Cohen, la sanction ne tient pas suffisamment compte de la violence des faits ni de leur portée pour les victimes, dont l’histoire familiale est directement marquée par la Shoah : «Le père de la victime a survécu à la Shoah ; sa famille a été assassinée à Auschwitz. Ce qu’on a regretté devant elle, c’est que sa famille n’ait pas entièrement disparu».
L’avocate conteste également l’idée d’une simple perte de contrôle, au regard des messages retrouvés par les enquêteurs. «Ces mots ne relèvent pas d’un coup de colère», estime-t-elle, avant d’ajouter : «Le 11 août n’était pas un dérapage, mais l’expression publique d’une pensée déjà formulée en privé. Son soi-disant humanisme revendiqué se concilie mal avec les messages retrouvés dans son téléphone…»
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