David Lisnard L’ancien président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, son ancien chauffeur et un ex-policier devront être jugés pour leur implication présumée dans une affaire de fausses accusations visant Raquel Garrido et Alexis Corbière en 2022. La justice a ordonné leur renvoi devant le tribunal correctionnel pour « escroquerie en bande organisée » et « recel de biens provenant d’un vol », après quatre années d’investigations.
L’affaire remonte au 22 juin 2022, lorsque l’hebdomadaire Le Point avait publié un article accusant le couple d’élus, alors membres de La France insoumise, d’employer illégalement une femme de ménage sans papiers. Ces accusations, accompagnées de prétendus échanges WhatsApp, s’étaient rapidement révélées mensongères, conduisant le magazine à retirer son article dès le lendemain.
Selon l’ordonnance de renvoi, Jean-Christophe Lagarde aurait joué un « rôle moteur » dans cette opération destinée à déstabiliser Raquel Garrido, son adversaire aux élections législatives de Seine-Saint-Denis. Les magistrats estiment qu’il existait une « entente préalable » et une répartition précise des rôles entre les trois protagonistes de cette manipulation présumée.
Son ancien chauffeur, Rudy Succar, est soupçonné d’avoir fabriqué les faux messages, utilisé l’identité d’une femme dont le passeport avait été volé et transmis des éléments frauduleux. L’ancien policier Anouar Bouhadjela, également connu sous le nom de Noam Anouar, aurait servi d’intermédiaire entre l’entourage de Jean-Christophe Lagarde et le journaliste Aziz Zemouri. Ce dernier, auteur de l’article controversé, avait lui-même porté plainte après avoir découvert qu’il aurait été manipulé par ses informateurs.
L’enquête a notamment révélé que l’ancien chauffeur affirmait avoir subi une pression « constante » de son employeur pour rechercher des informations compromettantes sur ses adversaires politiques. Jean-Christophe Lagarde conteste catégoriquement cette version et assure avoir simplement demandé que les informations transmises soient vérifiées par un journaliste.
Son avocat, Gérard Zbili, dénonce des charges « quasi inexistantes » et soutient que l’ancien chauffeur aurait reconnu sa responsabilité dans la fabrication des faux documents. Les trois prévenus encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende, tandis qu’une éventuelle condamnation pourrait également entraîner l’inéligibilité de l’ancien député.
Déjà condamnés en mai 2025 pour diffamation dans cette affaire, Le Point et son ancien journaliste Aziz Zemouri avaient été sanctionnés pour la publication des accusations infondées. Aucune date de procès n’a encore été fixée, mais cette affaire, aux lourdes implications politiques et médiatiques, devra désormais être examinée par un tribunal, les trois hommes bénéficiant de la présomption d’innocence.
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