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Les salariés estiment dans l'ensemble que leurs conditions de travail se sont améliorées sur la dernière décennie, un progrès dont ne bénéficient pas les employés peu qualifiés, selon une étude

Les conditions de travail des salariés français se sont globalement améliorées depuis 2016, mais cette embellie masque une fracture croissante entre les catégories professionnelles. Pour la première fois depuis que l’indicateur existe, dans les années 1980, l’intensité du travail diminue, selon une vaste enquête de la Dares portant sur 25 300 personnes en emploi.

La proportion de salariés confrontés à plusieurs contraintes de rythme est ainsi passée de 43 % en 2016 à 38 % en 2024. La pression temporelle recule également : 28 % des salariés disent désormais travailler sous cette contrainte, soit trois points de moins en huit ans. Les relations avec la hiérarchie semblent elles aussi s’améliorer, la proportion de salariés faisant état de rapports dégradés avec leurs supérieurs reculant de cinq points, à 21 %.

Les salariés déclarent parallèlement davantage d’autonomie, un meilleur sentiment d’utilité et une plus grande satisfaction quant à la qualité du travail accompli. Mais ces progrès sont principalement portés par les cadres, notamment ceux qui peuvent télétravailler, ainsi que par les ouvriers, et ne bénéficient pas à tout le monde.

Chez les employés peu qualifiés, qui représentent 13 % des salariés interrogés, la tendance est même inverse : « le travail s’intensifie, l’autonomie régresse et les comportements hostiles sont en hausse », constate la Dares.

Commerce, hôtellerie-restauration, entretien ou services à la personne figurent notamment parmi les secteurs où ces salariés sont particulièrement présents. En 2024, 61 % des employés peu qualifiés sont exposés à au moins trois contraintes physiques, comme le port de charges lourdes, la station debout prolongée ou des mouvements pénibles, soit sept points de plus qu’en 2016.

Ils sont également 40 % à estimer qu’on leur demande une quantité excessive de travail, une proportion en augmentation de quatre points. Le manque d’autonomie progresse lui aussi de quatre points dans cette catégorie, tandis que l’exposition à des comportements hostiles au travail bondit de huit points.

Cette dégradation nourrit les inquiétudes sur la capacité à tenir jusqu’à la retraite : 49 % des employés peu qualifiés estiment qu’ils ne pourront pas exercer le même métier jusque-là. Toutes catégories confondues, ce sentiment concerne désormais 41 % des salariés français, soit trois points de plus qu’en 2016, malgré l’amélioration constatée sur plusieurs autres indicateurs.

L’étude dessine ainsi un marché du travail à deux vitesses, où les progrès en matière d’autonomie, de rythme et d’organisation bénéficient davantage aux salariés les mieux placés, tandis que les métiers peu qualifiés cumulent encore pénibilité physique, intensification du travail et moindre marge de manœuvre.

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Vos réactions

Portrait de stylo07
13/septembre/2026 - 09h02

Je connais des personnes qui travaillent dans des collectivités  je peux vous assurer que c'est la dictature ces personnes vont travailler la boule au ventre