Erik Tegnér Le célèbre avocat pénaliste parisien Antoine Vey, a été mis en examen pour «harcèlement moral au travail» et «abus de confiance», a confirmé le parquet de Pari. Concernant les accusations de harcèlement sexuel, il a été placé sous le statut de témoin assisté. Après un interrogatoire sur plusieurs jours, les juges d'instruction ont estimé qu'il y avait assez d'indices graves ou concordants pour lui reprocher «un management inconstant, une organisation de travail changeante et insécurisante, des injonctions contradictoires, des propos vexatoires ou humiliants, l'exigence d'une disponibilité en continu», selon une source proche du dossier
L’ancien associé d’Éric Dupond-Moretti était visé par une enquête confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne. Une information judiciaire avait été ouverte à la fin de l’année 2024 pour des faits présumés commis entre 2016 et 2023. Au total, quatre anciens membres de son cabinet, trois femmes et un homme, ont déposé plainte.
Les avocats de plusieurs plaignants se disent satisfaits que leur parole et les éléments transmis aux magistrats aient été pris en considération. L’un d’eux affirme que 19 personnes, parmi lesquelles d’anciens collaborateurs, des stagiaires, des salariés, des prestataires et une cliente du cabinet, ont témoigné de comportements qu’ils estiment sexistes ou discriminatoires.
La défense d’Antoine Vey conteste fermement ces accusations.
Ses avocats assurent que cinq jours d’interrogatoire ont permis au pénaliste de répondre à toutes les questions des juges et de présenter des éléments démontrant, selon eux, l’absence de comportement sexiste ou de harcèlement sexuel. Ils soulignent que le statut de témoin assisté retenu pour ce dernier volet signifie qu’il n’a pas été mis en examen pour ces faits.
Les accusations de harcèlement moral restent, elles, examinées dans le cadre de l’instruction.
Cette affaire avait déjà donné lieu à une procédure disciplinaire devant le Conseil de l’ordre du barreau de Paris. En juillet 2025, Antoine Vey avait été condamné à douze mois de suspension d’exercice, dont cinq mois ferme.
L’instance disciplinaire avait relevé des manquements déontologiques envers près d’une dizaine d’anciens salariés et collaborateurs, ainsi que des faits répétés ayant entraîné une dégradation de l’état de santé de plusieurs d’entre eux.
Le Conseil de l’ordre évoquait également une « confusion des genres » et des « tactiques manipulatrices » dans la gestion du cabinet.
Il avait toutefois écarté les accusations de harcèlement sexuel, faute de témoignage direct ou d’échange écrit suffisamment probant dans le dossier disciplinaire.
Après avoir initialement fait appel, Antoine Vey avait finalement renoncé à cette procédure en février dernier, tout en continuant à contester les faits. Il avait alors déclaré vouloir tourner la page de ces accusations.
Âgé de 42 ans, Antoine Vey est un pénaliste connu du grand public. Il a notamment défendu Julian Assange, Théo Luhaka et l’ancien ministre Jérôme Cahuzac.
Il reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.
Vos réactions
Avocat est une profession libérale. L'employé avocat peut donc être viré dans la minute. Il y a zéro protection.
Forcement cela donne un pouvoir qui existe moins dans les professions gérées et protégées par le code du travail.
Ce n’est qu’un sentiment d’insécurité
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