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Le géant des réseaux sociaux Meta fait état de revenus publicitaires records, mais dévoile une rentabilité rognée par ses dépenses massives dans l'intelligence artificielle

Le géant des réseaux sociaux Meta a fait état de revenus publicitaires records, mais dévoilé une rentabilité rognée par ses dépenses toujours massives dans l'intelligence artificielle: le titre chutait de près de 12% dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street.

Au 2e trimestre, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 28% sur un an, à 60,8 milliards de dollars, grâce à ses performances publicitaires. Mais elle a dégagé un bénéfice net en baisse de 14% (15,85 milliards), notamment plombé par des charges judiciaires de 2,4 milliards non détaillées.

Le contraste est net avec Microsoft, qui publiait le même jour des résultats meilleurs qu'espérés et voyait son titre gagner plus de 3%. Le groupe de Redmond dépense lui aussi massivement dans l'IA, mais la facture directement à ses clients de l'informatique à distance ("cloud"), quand Meta l'amortit encore presque exclusivement par la publicité.

Cette dernière, quasi-totalité des revenus du groupe, progresse en partie grâce aux outils d'IA, qui retiennent plus longtemps les utilisateurs et affinent le ciblage des annonces. Meta affirme avoir diffusé 14% d'annonces en plus sur ses plateformes, utilisées chaque jour par 3,6 milliards de personnes, et les avoir vendues 12% plus cher.

La hausse des prix tient aussi à l'amélioration de la conjoncture et à un effet de change favorable, a précisé la directrice financière Susan Li, lors de la conférence aux investisseurs. Dans le même temps, les dépenses ont bondi de 55%, gonflées par les investissements dans l'IA et le coût d'une vague de licenciements en mai. La marge opérationnelle est ainsi tombée de 43% à 31% en un an et la trésorerie disponible s'est effondrée à 784 millions de dollars, contre 8,5 milliards un an plus tôt. Meta prévoit entre 130 et 145 milliards de dollars d'investissements cette année, près du double de 2025, pour construire de gigantesques centres de données énergivores et recruter à prix d'or des chercheurs en IA.

Interrogée sur 2027, Susan Li s'est refusée à tout chiffre, invoquant une planification "très mouvante". Pendant que le titre du groupe s'enfonçait, le patron Mark Zuckerberg a tenté de convaincre les investisseurs de la pertinence de ses trois paris: une IA qui dope la publicité, des assistants d'IA personnels censés porter la diversification de Meta au-delà de l'usage classique des réseaux sociaux, et un débouché auprès des entreprises.

Mark Zuckerberg a confirmé l'existence de "Meta Compute", le projet du groupe pour rentabiliser ses centres de données en louant sa puissance de calcul à des clients extérieurs, sur un marché de l'informatique à distance ("cloud") dominé par Amazon, Microsoft et Google. Il assure aussi vouloir vendre l'accès à ses modèles d'IA et des outils informatiques aux entreprises. Le groupe achète pourtant lui-même de la puissance de calcul à l'extérieur, un paradoxe qu'il justifie par la pénurie: "Il n'y a absolument pas assez de puissance de calcul pour toute la demande." Meta a déjà connu un pari de cette nature: sa division de réalité virtuelle Reality Labs, qui a englouti des dizaines de milliards, affiche encore une perte d'exploitation de 4,6 milliards sur le trimestre, pour 431 millions de recettes.

Les charges judiciaires, non détaillées, s'inscrivent dans la vague de procès qui visent le groupe aux Etats-Unis. En mars, un jury de Los Angeles a condamné Meta et Google à verser 6 millions de dollars à une jeune femme qui les accusait de l'avoir rendue dépendante à leurs plateformes lorsqu'elle était mineure, un verdict inédit qui pourrait peser sur des milliers de procédures similaires.

Pour Minda Smiley, analyste chez Emarketer, "le ton optimiste et positif que [Mark Zuckerberg] adopte tranche nettement avec le climat de défiance qui monte à l'égard des réseaux sociaux, accusés d'avoir nui aux enfants et de les avoir rendus dépendants". Meta a lancé ces derniers mois un abonnement payant, des agents commerciaux et des lunettes connectées. Pour l'analyste, ces lancements "donnent de plus en plus l'impression d'une entreprise qui tente tout ce qui lui passe par la tête pour voir ce qui prend, plutôt que de se rassembler autour d'une trajectoire durable".

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