emily in paris Meta fait face aux États-Unis à un procès majeur concernant les effets de Facebook et Instagram sur les enfants et les adolescents. Devant le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie, l’ancien ingénieur du groupe Arturo Béjar a livré un témoignage particulièrement sévère sur la politique de protection des mineurs.
Selon lui, certains outils présentés par Meta comme destinés à protéger les adolescents auraient en réalité été « conçus pour échouer ». Il cite notamment la fonction « Take a Break » d’Instagram, qui propose aux utilisateurs de faire une pause mais nécessite une activation et peut facilement être ignorée.
Béjar, qui a travaillé chez Facebook entre 2009 et 2015 avant de revenir comme consultant entre 2019 et 2021, affirme que la sécurité des jeunes n’était pas une priorité suffisante au sein de l’entreprise. Il accuse notamment la direction d’avoir privilégié la croissance du nombre d’utilisateurs et leur engagement, dont dépend une grande partie des revenus publicitaires du groupe.
L’ancien responsable estime que la culture interne de Meta rendait particulièrement difficile la mise en œuvre de mesures susceptibles de réduire le temps passé sur les plateformes. Il affirme également que le groupe disposait de moyens permettant de mieux identifier les utilisateurs âgés de moins de 13 ans, mais ne les aurait pas suffisamment exploités.
Meta est poursuivi dans cette procédure par une coalition de 29 États américains, qui l’accusent notamment d’avoir conçu Facebook et Instagram pour favoriser une utilisation compulsive chez les jeunes.
Les plaignants reprochent aussi au groupe d’avoir trompé le public sur les risques de ses plateformes et d’avoir collecté illégalement des données concernant des enfants de moins de 13 ans.
L’entreprise rejette ces accusations et assure avoir développé au fil des années de nombreux dispositifs de protection, notamment des contrôles parentaux, des restrictions pour les adolescents et des outils de gestion du temps.
Ses avocats contestent également l’idée selon laquelle il existerait un consensus scientifique permettant d’établir que les réseaux sociaux provoquent une addiction chez les adolescents.
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