le parisien 645 millions de personnes ont souffert de la faim l'an dernier, soit 7,8% de la population mondiale, une légère amélioration qui risque de se heurter cette année aux chocs de la guerre au Moyen-Orient et du climat, estime l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
La situation est particulièrement critique en Afrique, où 20% de la population est sujette à une sous-alimentation - c'est-à-dire un manque chronique de calories -, indique ce rapport annuel.
Après la crise économique post-Covid, qui avait plongé dans la faim des millions de personnes supplémentaires (688 millions d'êtres d'humains concernés en 2022), la situation s'est redressée, mais sans retrouver les niveaux d'avant la pandémie, selon l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, agence de l'ONU. En 2015, alors qu'environ 600 millions de personnes étaient soumises à la faim, la communauté internationale s'était fixé parmi ses «objectifs de développement durable» d'ici 2030, celui d'«éliminer la faim et que chacun (...) ait accès à une alimentation saine, nutritive et suffisante».
Désormais, l'ONU prévoit qu'entre 510 et 520 millions de personnes seront sous-nourries en 2030, dont plus de la moitié en Afrique. «Le centre de gravité de la faim s'est déplacé de l'Asie jusqu'en Afrique», décrit pour l'AFP David Laborde, directeur de la division économie agroalimentaire à la FAO. «Il y a 25 ans, la Chine avait encore un problème de faim, ils l'ont réglé, l'Inde a aussi un problème mais ils mettent beaucoup d'efforts pour le régler activement». «Les agriculteurs, les systèmes alimentaires ont fait preuve de résilience: on a des conflits internationaux, des chocs climatiques, le Covid qui est une crise macro-économique d'ampleur... et on n'a pas des famines majeures comme on avait vu dans les années 80. Mais il y a une capacité d'absorption des systèmes» limitée, met-il en garde.
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