sfr "Les Jeux, c'était l'objectif d'une vie, donc pas facile de relancer après ça", souffle Léon Marchand. Dans une mini-série tournée par son propre père et diffusée depuis vendredi sur france.tv, le nageur dévoile son quotidien, ses doutes et les ressorts de sa force olympique.
Xavier Marchand, lui-même vice-champion du monde du 200 m 4 nages en 1998, est journaliste reporter d'images à France 3 à Toulouse. Il a toujours eu une caméra ou un appareil photo entre les mains. Son fils Léon avait donc "une confiance" et les choses se sont faites "naturellement", assure devant la presse Xavier Marchand, qui a réalisé "Léon, au-delà de l'or" avec Sacha Vucinic.
Soit deux caméras tournant autour de ce jeune homme tantôt jovial, tantôt dans sa bulle, devenu l'une des personnalités préférées des Français. "Ce +docu+, je le fais pour papa", dit d'emblée à l'écran Léon Marchand, plutôt pudique mais qui se confie comme jamais dans ces trois épisodes à suspense tournés tout au long de l'année 2025, et qui seront également diffusés sur France 2 ultérieurement.
"J'avais envie de montrer la face cachée de l'iceberg, ce que c'est ma vie de tous les jours", ainsi que "les doutes que l'on traverse aussi en tant que sportif de haut niveau", ajoute le quadruple champion des JO de Paris, 24 ans aujourd'hui.
Ce quotidien, ce sont des heures et des heures à "manger du carreau", dès 6h du matin dans l'eau froide, et des exercices de musculation, de la kiné, des siestes pour récupérer. Mais Léon Marchand, c'est aussi un étudiant qui sort diplômé en ingénierie logicielle de l'université d'Arizona où il évolue, un musicien, et un grand amateur de pâtes qui planque bonbons et barres chocolatées.
Dans cette série documentaire, le jeune homme est toujours en mouvement, au volant, avec ses sponsors ou au milieu des meilleurs nageurs mondiaux, à la fois "rivaux et amis", comme le dit leur entraîneur Bob Bowman. Celui-ci, qui est comme un second père, révèle au passage quelques recettes pour moissonner les médailles, dont des stages en altitude.
Le pilier de l'équilibre de Léon Marchand reste sa famille, joyeuse et aimante, qui lui permet de garder la tête sur les épaules malgré la distance. Sa mère, Céline Bonnet, a été également nageuse de haut niveau. "Ca a été dur de voir ça, cette folie autour de lui" après les JO-2024, reconnaît Xavier Marchand. Il lui a toujours répété que "ce n'est que de la natation" et ne l'a jamais forcé. On voit dans la série Léon Marchand retrouver peu à peu l'envie et la niaque, après le trou d'air post-olympique.
En ce sens, le documentaire est "cathartique", considère le co-réaliseur Sacha Vucinic. Chaque jour est intense: "Il faut nager vite, là, aujourd'hui, ce soir, cet +aprem+. Si je suis pas bon, ça va impacter les Jeux en 2028", à Los Angeles, considère Léon Marchand. Il avait jusqu'en 2024 un préparateur mental mais "bosse un peu seul là-dessus" depuis, glisse son père, qui sait l'enjeu de la santé mentale des champions.
"Je suis impressionné, il est très assidu, il aime ce qu'il fait et cela se ressent dans ses courses", dit-il, en écho au fils qui raconte les émotions le traversant entre longues coulées et ondulations. Fin juin, Léon Marchand a été touché aux adducteurs lors des Championnats de France de natation, alors que l'Euro à domicile se profile en août. "Il est en soins, c'est au jour le jour", rapporte son père, qui affiche le calme des vieilles troupes.
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