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L'avocat d'un opposant algérien s'inquiète d'un éventuel "troc" d'un détenu en France contre le journaliste Christophe Gleizes

L'avocat de l'influenceur algérien Amir Boukhors, victime d'un enlèvement fin 2024 en France, s'est inquiété auprès de l'AFP qu'un agent consulaire algérien, incarcéré dans l'enquête sur cette affaire, puisse servir de monnaie d'échange en vue de la libération du journaliste Christophe Gleizes par Alger.

En avril 2025, un agent consulaire algérien avait été mis en examen, soupçonné, avec d'autres personnes, d'être impliqué dans l'affaire de l'enlèvement d'Amir Boukhors, surnommé Amir DZ. L'épisode, dans lequel la défense d'Amir DZ voit la main d'Alger, avait renforcé les tensions entre la France et l'Algérie. Le 10 juin dernier, la défense de cet agent consulaire a demandé qu'il soit remis en liberté, a indiqué une source judiciaire, sollicitée par l'AFP.

"Au regard des pièces justificatives fournies, le parquet national antiterroriste a requis la mise en liberté et le placement sous contrôle judiciaire de l'intéressé", a-t-elle ajouté. Ces réquisitions ont été faites "soudainement et sans motivation sérieuse", critique auprès de l'AFP Me Eric Plouvier, qui défend Amir DZ.

Une semaine plus tard, le juge des libertés et de la détention, saisi par le juge d'instruction, a rejeté la demande. Mais l'agent consulaire a depuis fait appel, a précisé la source judiciaire.

"L'agent du contre-espionnage algérien impliqué dans un crime commis sur le territoire français contre Amir DZ, enlevé, drogué et séquestré en mai 2024, a certes le droit d'être libéré avant jugement mais le risque de fuite paraît majeur comme divers risques de pression", soutient Me Plouvier. Il dénonce un "marchandage visant à +échanger+ Christophe Gleizes" contre l'agent consulaire.

Christophe Gleizes, journaliste sportif français, avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie (nord-est) où il réalisait un reportage sur une équipe de foot, puis condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

Son sort fait partie des sujets de tension entre Paris et Alger, entre lesquels un dégel est amorcé depuis février. Début juin, ses avocats avaient annoncé que la voie judiciaire en Algérie était désormais dégagée pour que le président Tebboune lui accorde sa grâce.

"Le sort de Christophe Gleizes ne laisse pas Amir Dz indifférent, bien au contraire", assure Me Plouvier.

Mais l'avocat, qui promet de veiller à ce que le principe d'indépendance de la justice soit respecté en France, estime qu'un éventuel échange, après une libération, "créerait un fâcheux précédent légitimant des +trocs+ intercontinentaux ne relevant pas de la compétence des juges". Cela donnerait "un blanc-seing aux barbouzes de tous les Etats voyous".

Interrogé par l'AFP, l'avocat de Christophe Gleizes, Me Emmanuel Daoud, n'a pas souhaité commenter.

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Vos réactions

Portrait de GLGD
30/juin/2026 - 22h13

Couscous teboune il n'en veut qu'un en échange, c'est sûr ? On en a des milliers à lui donner.