Boualem Sansal Quarante-huit heures après la fin de l'audience devant la cour d'appel de Paris dans le cadre du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a posté, dans un long message, la prise de parole qu'il a faite mercredi devant la cour.
"Cette affaire de prétendu financement libyen de ma campagne a commencé dans le mensonge et le complot, elle doit finir dans la vérité et la transparence. Je ne citerai pas les menteurs et les comploteurs, ils se reconnaîtront. Depuis 14 ans, j'ai répondu inlassablement à toutes les questions, toutes les investigations, toutes les enquêtes. J'ai été naïf. Chaque fois que je fermais un dossier en répondant, je me disais : « Ça y est ! Enfin ! ». Mais non ! Je me suis battu, j'y ai mis toute mon énergie. J'ai assumé, j'ai argumenté. Ma vie a été scrutée et rien n'a été trouvé. Mais ce n'est pas suffisant", débute-t-il dans son message.
Et d'ajouter : "On m'a dit que je me prenais pour quelqu'un au-dessus des lois. Je le dis haut et fort, je ne souhaite qu'une chose : être traité comme n'importe qui, être jugé pour ce que j'ai fait, pas pour ce que je suis. Pour moi, ce n'est pas un procès historique, pas un roman, c'est ma vie. Et quand je me suis retrouvé incarcéré, ce n'est pas l'ancien président qui devait expliquer à sa femme, à sa fille en larmes pourquoi je me trouvais à la prison de la Santé. C'était l'homme".
"Ces trois mois ont été une nouvelle épreuve, il y a eu des moments difficiles : écouter sans rien dire, subir sans rien dire, se faire insulter, entendre des choses folles et garder un visage impassible, ce n'est tellement pas ce que je suis ! Je ne m'en plains pas, je ne me suis jamais plaint, j'ai eu tant de chance dans ma vie", détaille Nicolas Sarkozy en faisant référence au procès qui a duré trois mois.
Il est ensuite revenu sur "deux choses qui l'ont choqué". "La première, c'est lorsqu'on a osé dire que j'avais été élu en mai 2007 dans une élection biaisée. Celui qui a osé prononcer ces mots a oublié que c'est l'élection de la V° République qui a mobilisé le plus de Français. 84% de participation ! Les 37.350.000 Français qui se sont déplacés auraient donc été abusés par l'argent de M. Kadhafi que vous n'avez pas trouvé ?
Dire que cette élection était truquée m'a blessé. Et cela offense les 19 millions de Français qui ont voté pour moi. C'est le combat de ma vie, je n'ai pas fait l'ENA, je n'avais pas de relation, j'ai été élu par les Français parce que j'étais l'un des leurs. Je ne permettrai à personne de dire que c'était une élection biaisée. Il y a eu pire : on m'a décrit comme un président sous influence étrangère !
Comprenez l'influence de Kadhafi. En 2011, qui oserait dire que j'étais sous l'influence de Kadhafi, lorsqu'il a fallu prendre la tête de la coalition qui l'a fait partir ? En disant cela, on mine la confiance dans les institutions. On entretient une défiance qui n'a pas besoin de ça... Je dois rendre compte de tout ce que j'ai fait mais cela je ne peux l'accepter".
La décision de la Cour d'appel de Paris sera rendue le 30 novembre prochain. L’accusation a requis sept ans d’emprisonnement contre l’ex-président.
"Maintenant je vais attendre. Pas comme un ancien président de la République mais comme un homme qui ne va se demander qu'une chose en se réveillant chaque matin, et en se couchant tous les soirs : « Est-ce que je vais y retourner ? ». On m'a beaucoup demandé : « Mais comment tiens-tu ? »", explique Nicolas Sarkozy.
Et d'ajouter : "Je vous le dis droit dans les yeux : je tiens parce que je suis innocent, parce que j'aime mon pays. Et je ne peux pas croire que dans la France de 2026, un homme soit condamné à sept ans de prison pour des faits qu'il n'a pas commis et contre lequel, après treize ans d'enquête, il n'y a aucune preuve !".
"Mes derniers mots seront pour les parties civiles. Je n'ai pas sollicité, ni reçu un centime de M. Kadhafi. Je n'ai pas aidé M. Senoussi, ni de près, ni de loin. Je n'ai pas trahi la confiance des Français. Je veux leur dire aussi que l'injustice ne console pas, elle accable. Je n'avouerai jamais quelque chose que je n'ai pas fait.
Je ne suis pas venu ici comme on se rend à son bureau, mais comme à un chemin de croix. J'ai essayé d'être digne, d'être vrai. Je remercie la Cour de m'avoir laissé m'exprimer pendant trois mois. Je ne regrette rien de ce que je vous ai dit. Je pense chaque mot que je vous ai dit. Cela venait du cœur et était bien éloigné d'une stratégie", conclut l'ancien président dans son long message lu mercredi devant la Cour d'appel de Paris.
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Vos réactions
Depuis plusieurs années il a trop de rendez vous avec la justice il doit être impliqué dans certaines affaires et pour un Président de la République ce n'est pas le top....
15 jours de prison lui ont donné l'inspiration pour écrire un livre. Je vous laisse imaginer le nombre de tomes qu'il pourra pondre pour raconter les trois mois d'audiences durant son procès...
"Rien n'a été trouvé": Bah justement ici, il y a des tomes entiers de tout ce qui a été trouvé.
..."être traité comme n'importe qui...": Non ces avocats ont d'ailleurs remis en cause la légitimté du tribunal du fait de la fonction présidentielle.
"je ne me suis jamais plaint": La blague, ce courrier n'est qu'un longue plainte.
"cela offense les 19 millions de Français qui ont voté pour moi": Une bonne partie l'a quand même bien mauvaise. A commencer par la femme du pilote du DC10 abattu par les Lybiens qui les larmes aux yeux a dit à Sarkozy qu'elle avait voté pour lui avant d'être dégoutée de ses propos...
"qui oserait dire que j'étais sous l'influence de Kadhafi": Si on se rappelle de la première visite diplomatique de Sarkozy: Kadhafi avec sa tente de bédouen à l'Elysée + les actions pour alléger la peine de son beau frère Abdallah Senoussi... Oui l'état Français a bien été sous influence étrangère...
Sarkozy ras le bol avec son feuilleton...
Bientôt surement un nouveau livre, avec ou barreaux... il aime s'épancher !!!
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