françois hollande La Belgique, confrontée à une surpopulation carcérale chronique, va mener des discussions avec les autorités estoniennes sur la possibilité de louer des places de prison dans ce pays balte afin d'y envoyer des détenus étrangers en situation irrégulière.
Les ministres belges de la Justice et de l'Asile, Annelies Verlinden et Anneleen Van Bossuyt, ont annoncé lundi partir en mission diplomatique pour deux jours à Tallinn, pour discuter de cette possible coopération. Sont notamment prévues une rencontre avec la ministre estonienne Liisa-Ly Pakosta (Justice et Numérique) et la visite d'une prison à Tallinn.
Après le Kosovo et l'Albanie, des pistes toujours développées «en coulisses, sur le plan technique», l'Estonie est le troisième pays avec lequel le gouvernement belge dirigé par le conservateur Bart De Wever envisage une telle coopération, pour se délester d'une partie de ses détenus étrangers.
Le gouvernement affirme qu'un tiers des quelque 13 000 prisonniers du pays «n'ont pas le droit de séjourner en Belgique» et «souhaite examiner toutes les pistes permettant d'alléger la pression sur le système et d'accroître la sécurité des citoyens», selon un communiqué de Mmes Verlinden et Van Bossuyt. «L'une des pistes consiste à louer ou à construire une prison à l'étranger», est-il souligné.
La Belgique compte actuellement 13 501 détenus pour une capacité de 11 049 places, selon l'Administration pénitentiaire, une situation de surpopulation dénoncée depuis des mois par les syndicats de surveillants. Près de 600 prisonniers sont contraints de dormir sur des matelas au sol.
Le sujet secoue la coalition au pouvoir. Mme Verlinden souhaite permettre des libérations anticipées pour certains condamnés en fin de peine, mais se heurte à des réticences sur le flanc droit de la majorité. Les ONG dénoncent un recours trop important à la détention préventive faute de moyens pour gérer les alternatives.
Le ministre de la Santé, le socialiste flamand Frank Vandenbroucke, propose de son côté de renforcer l'offre de soins en psychiatrie légale, pour faire baisser le nombre de malades «internés» contraints de séjourner en prison faute de places adaptées. C'est le cas d'environ 1 100 détenus en Belgique, selon lui.
Pour le gouvernement belge, l'Estonie est «un État de droit solide et respectueux des droits de l'homme». Le pays balte est aussi vanté pour son système judiciaire et pénitentiaire «fortement numérisé».
En juin 2025, la Suède avait annoncé avoir conclu un accord avec l'Estonie pour louer des cellules de prison pour 600 prisonniers, anticipant une forte pression sur ses propres établissements. La Suède pourrait louer 400 cellules dans la prison estonienne de Tartu. L'accord doit encore être soumis au Parlement suédois.
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Il y a des places en estonie car la population s'est effondrée après l'ère soviétique, depuis l'indépendance vers 1990. Ils sont 15% de moins en 35 ans. Les prisons se vident aussi.
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