29/05 12:31

Le procès d'une femme accusée d'avoir assassiné son mari en plein divorce, avec la complicité de trois hommes dont un amant, s'ouvre aujourd'hui devant la Cour d'assises de l'Oise

Le procès d'une femme accusée d'avoir assassiné son mari mi-2021 en plein divorce, avec l'aide de trois hommes dont un amant, s'ouvre aujourd'hui à Beauvais devant la Cour d'assises de l'Oise.

Le 24 août 2021, Jean-Christophe Piel, un kinésithérapeute de 41 ans, avait été abattu d'une balle dans l'arrière de la tête alors qu'il taillait des roses dans son jardin à Breuil-le-Vert, petite ville de 3.000 habitants dans l'Oise.

Découvert grièvement blessé après l'appel d'une voisine, il avait succombé à l'hôpital le lendemain.

Delphine Pinto, 48 ans, son épouse avec qui il était en instance de divorce, un amant de Mme Pinto et deux amis de ce dernier dont l'un pourrait avoir été missionné pour être le tireur, sont jugés jusqu'au 12 juin.

Ces quatre personnes sont soupçonnées d'avoir fomenté le meurtre de M. Piel, et d'avoir mis dans la confidence d'une partie des projets le fils adulte de Delphine Pinto né d'une précédente union, qui sera aussi sur le banc des accusés.

Une semaine avant sa mort, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d'une ordonnance de non-lieu alors qu'il était accusé de violences sur sa femme, dont il était séparé depuis plusieurs années, et d'agression sexuelle incestueuse sur l'une de leurs deux petites filles.

Il avait également été accusé d'agressions sexuelles par deux enfants des trois autres enfants de son ancienne conjointe, nés d'une précédente relation mais qu'il avait adoptés. Son décès a entraîné l'extinction des poursuites entamées début 2019, mais selon le parquet la procédure n'avait pas permis d'établir "des charges suffisantes".

D'après les éléments de l'enquête consultés par l'AFP, le couple formé par M. Piel et Mme Pinto était "caractérisé par une asymétrie", Mme Pinto étant qualifiée de "manipulatrice et mythomane" tandis que M. Piel est décrit comme "soumis et sous l'emprise".

Mme Pinto, qui a "concédé" son désir de vengeance à l'égard de M. Piel a néanmoins nié avoir voulu le tuer ou organiser son meurtre.

Les autres accusés ont aussi gardé le silence ou nié les accusations lors de leurs auditions.

Plusieurs proches de la famille auditionnés lors de l'enquête ont indiqué avoir entendu ou eu vent de propos de Mme Piel concernant la possibilité de tuer son ex-compagnon pour récupérer de l'argent.

Une des filles de Mme Pinto adoptée par M. Piel a ainsi assuré que sa mère a, avant la mort du kinésithérapeute, acheté des couteaux et de la corde, avec la volonté de s'en prendre à lui, et a par la suite demandé à sa fille de lui fournir une arme.

Delphine Pinto a reconnu lors d'une audition ces achats et cette demande, assurant qu'ils visaient uniquement à "protéger" ses enfants.

Ailleurs sur le web

Vos réactions