Josée Massi L’incendie avait fait deux morts et de nombreux blessés et avait marqué le petit monde des saisonniers en montagne: un homme comparaît aujourd'hui devant les assises à Chambéry, accusé d’avoir volontairement mis le feu à leur résidence à Courchevel.
Le sinistre s’était déclaré le 20 janvier 2019 peu après 4H00 du matin à l’Isba, une résidence abritant plusieurs dizaines de travailleurs saisonniers dans la très huppée station de ski de Courchevel (Savoie).
Deux d’entre eux, une femme de 32 ans et un homme de 50 ans, employés dans des restaurants de la station, avaient succombé asphyxiés, et une vingtaine avaient été blessés, certains en sautant des étages de ce bâtiment des années 70.
Hicham Abderraouf, un Algérien aujourd’hui âgé de 27 ans, comparaît devant la cour d’assises de la Savoie pour un long procès sur une dizaine de jours, impliquant plus d’une cinquantaine de parties civiles.
En récidive après de précédentes condamnations pour trafic de drogue, il est accusé notamment de « destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux » ayant entraîné la mort et des infirmités permanentes, ainsi que de détention d’arme et d’évasion par violence. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
L’accusé, soupçonné d’avoir agi par vengeance envers une ex-petite amie logée dans cette résidence, nie les faits depuis son placement en garde à vue en 2019.
La première journée, après le tirage au sort des jurés et le rapport de la présidente, sera consacrée à un interrogatoire de personnalité de l’accusé, puis à l’audition d’un policier et de plusieurs experts en incendies. Suivront les témoins mardi puis d’autres experts avant les parties civiles à partir de jeudi. Le verdict est attendu le 30 mai.
Hicham Abderraouf est « impatient de comparaître devant la juridiction », explique à l’AFP l’un de ses avocats, Me Ghaïs Bencharif, qui entend plaider « l’acquittement ».
« Il y avait des éléments, et je le reconnais, objectifs, qui pouvaient laisser penser que M. Abderraouf s’était rendu coupable » de l’incendie: mais au moins une autre piste impliquant une autre personne « n’a absolument pas été creusée par les enquêteurs, elle a même été balayée d’un revers de main », accuse l’avocat, pour qui « le travail d’enquête aurait pu être mieux fait ».
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