17/02/2025 12:51

Mehdi Nemmouche affirme n’avoir "jamais été le geôlier des otages" en Syrie, à l’ouverture de son procès ce matin devant la cour d’assises de Paris

12h48: L’audience n’a débuté qu’il y a quelques minutes lundi quand Mehdi Nemmouche annonce « une déclaration préalable »: « Je n’ai jamais été le geôlier des otages occidentaux ni d’aucun autre » en Syrie, déclare-t-il à l’ouverture de son procès devant la cour d’assises de Paris.

Mehdi Nemmouche, 39 ans, sweat de sport noir, cheveux bruns coiffés au gel, rasé de près, est accusé d’avoir été le geôlier des quatre journalistes français Nicolas Hénin, Didier François, Edouard Elias et Pierre Torres, détenus pendant près d’un an par le groupe jihadiste Etat islamique en Syrie en 2013.

Les trois premiers ont pris place dans la salle d’audience, en face du box pour deux d’entre eux. Pierre Torres est absent en ce premier jour. Le président Laurent Raviot commence par demander à Mehdi Nemmouche et ses deux coaccusés de décliner leur identité. « Nemmouche Mehdi, de père inconnu, adresse officielle à Tourcoing mais ça remonte à 2006 », répond-il, visiblement à l’aise, à renfort de larges mouvements de bras. « Et je vais faire une déclaration préalable », annonce-t-il sans laisser le choix à la cour. 

« Je n’ai jamais été le geôlier des otages occidentaux ». « On verra ça plus tard », répond le président. Mehdi Nemmouche reprend une minute plus tard. « Je n’ai jamais été le geôlier des otages occidentaux ni d’aucun autre. Et je n’ai jamais rencontré ces personnes en Syrie », dit-il, assurant n’avoir été qu’un « soldat sur le front » pour différents groupes jihadistes en Syrie, « contre le régime de Bachar al-Assad ».

« La première fois que j’ai vu Nicolas Hénin c’était devant la cour d’assises de Bruxelles », où Mehdi Nemmouche a été condamné à la perpétuité en 2019 pour l’attentat au musée juif de Bruxelles. Les journalistes français avaient été enlevés à 10 jours d’intervalle en juin 2013, comme de nombreux journalistes et humanitaires occidentaux, souvent détenus ensemble.

Ils n’ont été libérés que près d’un an plus tard, le 18 avril 2014, après des mois de supplice, entre violences physiques et psychologiques, privations de nourriture et simulacres d’exécutions. Plusieurs autres otages, dont le journaliste américain James Foley et l’humanitaire britannique David Haines, ont été exécutés, en tenue orange, dans des mises en scène macabres et filmées qui ont choqué le monde.

10h15: Plus d’une décennie après, d’anciens otages face à leurs geôliers présumés: le procès de Mehdi Nemmouche, le tueur du musée juif de Bruxelles, et de quatre autres jihadistes, accusés d’avoir détenu des journalistes français au sein du groupe Etat islamique en Syrie en 2013, s’ouvre lundi à Paris.

Les journalistes français Didier François et Edouard Elias, puis Nicolas Hénin et Pierre Torres, ont été enlevés à 10 jours d’intervalle en juin 2013, dans la région d’Alep pour les premiers, celle de Raqqa pour les seconds. Ils n’ont été libérés que près d’un an plus tard, le 18 avril 2014, après des mois de supplice, entre violences physiques et psychologiques, privations de nourriture et simulacres d’exécutions.

L’« Etat islamique en Irak et au Levant », né le 9 avril 2013 d’une scission avec le groupe jihadiste Jabhat al-Nosra (et devenu ensuite « Etat islamique »), a séquestré de nombreux humanitaires et journalistes occidentaux, souvent détenus ensemble. Plusieurs d’entre eux, dont le journaliste américain James Foley et l’humanitaire britannique David Haines, ont été exécutés, en tenue orange, dans des mises en scène macabres et filmées qui ont choqué le monde.

Un mois après le retour en France des journalistes, le 24 mai 2014, Mehdi Nemmouche a abattu froidement quatre personnes au musée juif de Bruxelles. Il fut le premier d’une longue liste de jihadistes de l’EI rentrant de Syrie pour commettre des attentats en Europe.

Quand il a été arrêté quelques jours plus tard à Marseille, sa photo a été publiée dans la presse. Certains ex-otages l’ont immédiatement reconnu: il est « Abou Omar », l’un de leurs geôliers en Syrie. En entendant sa voix, ils en sont sûrs « à 100% ».

Pendant l’enquête, les journalistes ont décrit un homme « bavard », « pervers », délinquant converti dans le « nettoyage ethnique religieux » comme il disait, particulièrement antisémite et admiratif de Mohamed Merah, tueur d’enfants juifs dans une école à Toulouse en 2012.

 

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