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Deux chroniqueurs tunisiens arrêtés pour diffusion de "fausses informations", ont invoqué la liberté d'expression, lors de leur procès, assurant s'être bornés à commenter l'actualité

Deux chroniqueurs tunisiens arrêtés pour diffusion de "fausses informations", ont invoqué la liberté d'expression, lors de leur procès, assurant s'être bornés à analyser et commenter l'actualité du pays. Mourad Zeghidi, commentateur politique, et Borhen Bssais, présentateur à la télévision et à la radio, avaient été interpellés le 11 mai pour des déclarations dans des émissions et des publications sur les réseaux sociaux, considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied.

Ils sont poursuivis pour diffusion de "fausses informations (...) dans le but de diffamer autrui ou porter atteinte à sa réputation", en vertu du décret-loi 54, promulgué en 2022 par le président Saied, décrié pour son l'interprétation très large.

"Mon travail en tant qu'analyste politique m'impose de parler des affaires publiques (...) je veux savoir quelle est la phrase ou le mot (prononcés, ndlr) qui a été jugé comme enfreignant le code pénal", a déclaré M. Zeghidi, selon une journaliste de l'AFP dans la salle.

M. Zeghidi s'est vu reprocher des déclarations datant de février 2024 et une publication de soutien à un journaliste emprisonné, critique du président M. Saied, qui s'est octroyé les pleins pouvoirs depuis un coup de force à l'été 2021.

"Je ne suis ni un opposant ni un partisan du président. Parfois, je soutiens ses choix et parfois je les critique, cela fait partie de mon travail", a-t-il ajouté à l'adresse de la présidente du tribunal.

"Quand la politique entre dans les tribunaux, la justice en sort", a martelé son avocat Kamel Massoud. Borhane Bssais, présentateur dans des médias privés, comparaissait pour "atteinte au président Kais Saied à travers des émissions radio et des déclarations" sur internet entre 2019 et 2022.

"Je suis un animateur donc je dois présenter toutes les opinions quelles que soient leurs orientations", a-t-il lancé, estimant avoir été arrêté "comme un dangereux criminel". "Tout un peuple est poursuivi en vertu du décret-loi 54", a dénoncé dans sa plaidoirie son avocat Khaled Khrichi. Les avocats des deux journalistes ont demandé un non-lieu

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23/mai/2024 - 13h34 - depuis l'application mobile

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