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Une journaliste burundaise, détenue depuis cinq jours par les services de renseignement, a été inculpée pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat"

Une journaliste burundaise, détenue depuis cinq jours par les services de renseignement, a été inculpée pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat", des poursuites passibles de la prison à perpétuité, ont affirmé à l'AFP des sources judiciaires et sa famille. Sandra Muhoza, 42 ans, est journaliste pour La Nova Burundi, média en ligne réputé plutôt proche du pouvoir.

Elle a été arrêtée samedi 13 avril et conduite le lendemain dans les locaux du Service national du renseignement (SNR) à Bujumbura, la capitale économique de ce pays d'Afrique de la région des Grands lacs.

Mme Muhoza avait répondu à l'invitation d'un riche homme d'affaires et membre influent du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Elle a été inculpée jeudi et transférée à la prison Mpimba à Bujumbura, a indiqué à l'AFP une source judiciaire sous couvert d'anonymat.

"L'instruction se poursuit mais le parquet a annoncé qu'elle est poursuivie pour atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat et pour aversion ethnique", a poursuivi la même source. Ces informations ont été confirmée à l'AFP par sa défense et des proches, qui ont accusé les services secrets burundais de lui avoir infligé des "sévices corporels lors de ses interrogatoires" et affirmé que la journaliste a été interrogée les yeux bandés et menottée dans le dos pendant des heures.

Selon des proches, Sandra Muhoza a été arrêtée à la suite d'une dénonciation pour des propos tenus dans une conversation Whatsapp de journalistes dans un débat sur une présumée distribution de machettes aux Imbonerakure, membres de la ligue des jeunes du parti CNDD-FDD.

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