29/03 11:46

Cinq anciens ministres de la Culture ont dit devant les députés leurs réticences, voire leur hostilité, à l'idée d'une holding pour l'audiovisuel public, une des pistes soutenues par l'actuelle titulaire du poste, Rachida Dati

Cinq anciens ministres de la Culture ont dit jeudi devant les députés leurs réticences, voire leur hostilité, à l'idée d'une holding pour l'audiovisuel public, une des pistes soutenues par l'actuelle titulaire du poste, Rachida Dati. La ministre souhaite "une gouvernance unique" dès cette année pour l'audiovisuel public, qui comprend notamment France Télévisions et Radio France. Elle a dit vouloir s'appuyer sur les travaux du Sénat, qui avait voté en juin 2023 en faveur de la création d'une holding commune.

"Je respecte ce chemin évoqué par Rachida Dati, l'objectif de fond nous le partageons", c'est-à-dire "un service public fort", a déclaré sa prédécesseure Rima Abdul Malak devant la commission d'enquête sur les fréquences TNT. Mais quand elle était en poste, Mme Abdul Malak était parvenue à la conclusion que "cette holding, préalable à une fusion ou pas, n'était pas indispensable" et que "des rapprochements étaient possibles par le bas, en faisant confiance aux équipes et en fixant des objectifs assez précis".

"Depuis le temps qu'on nous vend des fusions comme étant génératrices d'économies et de meilleur fonctionnement, et que tout ça va à la dérive !", s'est exclamée Roselyne Bachelot, auditionnée également comme ancienne ministre de la Culture (2020-2022). "Je pense qu'on va acheter un superbe immeuble, qu'on va peupler avec un président qui aura une voiture de fonction" et "on mettra à feu et à sang (...) les sociétés de l'audiovisuel public", a-t-elle lâché.

"Revenons-en à l'essentiel et à l'urgence", la guerre en Ukraine, les élections européennes et la question de la laïcité, a renchéri Renaud Donnedieu de Vabres (2004-2007) en repoussant "les débats de structure". Le débat au Parlement sur un tel sujet serait "au mieux inopérant et superfétatoire, et plus probablement détestable", aux yeux de Jacques Toubon (1993-1995), qui a appelé à avoir de vraies idées "sur le rôle de l'audiovisuel" plutôt que celle d'un "placebo qui s'appellerait la fusion". "Je suis plutôt opposée à perdre du temps sur ces questions", a clos Fleur Pellerin (2014-2016). Jack Lang (2000-2002) n'a pas répondu à la convocation de la commission d'enquête.

"Nous n'allions pas lui envoyer la police pour aller le chercher mais c'est regrettable", a relevé le président de la commission d'enquête, Quentin Bataillon (Renaissance). Ces auditions étaient les dernières menées par cette commission, voulue par les députés LFI. L'insoumis Aurélien Saintoul doit en tirer les conclusions dans un rapport d'ici le 8 mai.

Ça peut vous interesser

Ailleurs sur le web

Vos réactions