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Des journalistes italiens ont boycotté une conférence de presse de la Première ministre Giorgia Meloni pour dénoncer une proposition de "loi bâillon" susceptible d'entraver leur travail sur les arrestations d'hommes politiques

Des journalistes italiens ont boycotté  une conférence de presse de la Première ministre Giorgia Meloni pour dénoncer une proposition de "loi bâillon" susceptible d'entraver leur travail sur les arrestations d'hommes politiques ou de personnes célèbres. Des membres de la Fédération nationale de la presse italienne (FNSI) ont décidé de laisser leur chaise vide à la conférence de presse de fin d'année de Mme Meloni, reportée en janvier pour raisons de santé, pour protester contre cette proposition de loi adoptée par la Chambre en décembre et qui doit être débattue prochainement au Sénat.

Carlo Bartoli, président de l'Ordre national des journalistes organisateur de la conférence de presse, a lui-même montré les fauteuils vides lors de ses propos liminaires, tenus au côté de la Première ministre.

"Nous sommes inquiets de l'adoption d'un amendement qui risque de mettre en péril les informations dans le domaine judiciaire", a-t-il affirmé, dénonçant une mesure qui "réduit le droit des citoyens à une information libre". Cette proposition dite "loi bâillon", introduite par une membre du parti centriste Azione, interdirait aux journalistes de publier des informations sur les arrestations de personnages publics avant la fin de l'enquête préliminaire. Mme Meloni s'est défendue en soulignant qu'il s'agissait d'une initiative parlementaire et non du gouvernement, tout en défendant le vote de ce texte à la chambre basse où le parti de Mme Meloni et ses alliés sont majoritaires.

"Je n'y vois pas un bâillon", a-t-elle dit, "j'y vois plutôt une mesure équilibrée entre le droit d'informer et le droit du citoyen" à être protégé "avant une condamnation et avant qu'il puisse exercer son droit de défense, évitant de se retrouver dans les journaux (...) en mettant son honneur à risque". Des représentants du Mouvement 5 Etoiles (opposition) ont de leur côté dénoncé cette mesure, qui vise selon eux à "cacher ou laisser impunis les actions" de personnes corrompues.

En dépit de ce boycott, des dizaines de journalistes ont assisté à la conférence de presse de Mme Meloni, qui a duré plus de trois heures. La FNSI a programmé des manifestations devant plusieurs sièges institutionnels à travers le pays pour protéger "la dignité de la profession (...) contre toute censure".

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