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Le président polonais Andrzej Duda a affirmé qu'il mettrait son veto à l'octroi de subventions aux médias publics, dont l'équipe dirigeante vient d'être limogée

Le président polonais Andrzej Duda, allié des nationalistes évincés du pouvoir, a affirmé qu'il mettrait son veto à l'octroi de subventions aux médias publics, dont l'équipe dirigeante vient d'être limogée par le nouveau gouvernement pro-européen de Donald Tusk. Le chef de l'Etat a indiqué que la loi de finances à laquelle il s'opposera prévoit de débloquer 3 milliards de zlotys (691 million euros) pour l'audiovisuel public, dont les dirigeants étaient jugés par M. Tusk trop proches de l'ex-gouvernement nationaliste populiste.

"On ne peut pas accepter (d'octroyer les subventions, ndlr) au vu de la violation flagrante de la Constitution et des principes de l'Etat de droit démocratique. Les médias publics doivent d'abord être remis en état de manière fiable et légale", a indiqué le président polonais sur le réseau X.

M. Duda a indiqué qu'il soumettrait dans les prochains jours son propre projet de loi incluant d'autres dépenses budgétaires, telles qu'une hausse de salaires des enseignants, et a demandé au Parlement de se réunir pour adopter ces propositions d'ici à la fin de l'année.

Le président polonais a été critiqué par certains cadres de l'ancien parti au pouvoir Droit et justice (PiS) pour ne pas avoir suffisamment réagi au limogeage, annoncé mercredi, du patron et des membres du conseil d'administration de la télévision, radio et agences publiques polonaises.

Le nouveau ministère de la Culture avait justifié cette décision par la nécessité de rétablir "l'impartialité" des médias publics. En réaction, des députés du PiS ont tenu un sit-in devant les bureaux de la télévision publique, qui était devenue un relais du gouvernement pendant les huit années de pouvoir du parti nationaliste qui se sont achevées à l'issue des élections législatives d'octobre.

Peu après le limogeage de ses dirigeants, la diffusion de la chaîne publique d'information TVP a été suspendue. Le président Duda avait déjà critiqué cette décision en appelant M. Tusk à "respecter l'ordre juridique de la Pologne". Le Premier ministre avait répliqué en affirmant que ses actions visaient à rétablir "la décence commune dans la vie publique".

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