17/11 18:06

Accusé de propos raciste à propos des africains, sur LCI, pendant la crise du COVID, le docteur Jean-Paul Mira, chef de service à l'Assistance publique sur LCI a été relaxé aujourd'hui à Paris

Un médecin poursuivi après des propos polémiques sur LCI à propos des vaccins et l'Afrique pendant le Covid a été relaxé aujourd'hui à Paris, le tribunal correctionnel estimant que ses détracteurs avaient fait une "interprétation tronquée" de ses propos.

Jean-Paul Mira, chef de service à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), était poursuivi pour "injure raciste" par plusieurs associations, dont la Ligue sénégalaise des droits humains et la Ligue ivoirienne des droits de l'Homme, après avoir suggéré le 1er avril 2020, de tester "en Afrique" si le vaccin BCG avait un effet protecteur contre le Covid, ce continent étant plus exposé que les populations européennes, "surprotégées" dans le contexte du confinement.

"Si je peux être provocateur, est-ce qu'on ne devrait pas faire cette étude en Afrique où il n'y a pas de masque, pas de traitement, pas de réanimation... un peu comme cela s'est fait pour certaines études avec le sida, où chez les prostituées, on essaie des choses parce que l'on sait qu'elles sont hautement exposées et parce qu'elles ne se protègent pas", avait-il déclaré sur LCI.

"Vous avez raison, on est en train de réfléchir en parallèle à une étude en Afrique pour faire ce type d'approche", lui avait répondu le microbiologiste de l'Inserm Camille Locht, qui venait de lancer un essai sur le sujet. Cette séquence, après laquelle les deux intervenants avaient présenté leurs excuses, avait provoqué de vives réactions, de SOS Racisme à la star ivoirienne du football Didier Drogba qui avait souligné que l'Afrique n'était "pas un laboratoire", en passant par le patron de l'OMS qui avait fustigé des "propos racistes", fruit de "l'héritage de la mentalité coloniale".

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (devenu depuis Arcom) avait mis "fermement en garde" LCI pour "défaut de maîtrise de l'antenne", relevant que "les propos abrupts et contestables de l'un des intervenants n'avaient suscité aucune réaction ou demande d'explication sur le plateau".

Mais pour le tribunal, Jean-Paul Mira "en sa qualité de médecin, émet une hypothèse scientifique, fondée sur la description" du "dénuement sanitaire dans une zone géographique" et ses propos "ne présentent aucun caractère injurieux".

Le jugement, consulté par l'AFP, déplore que les parties civiles aient repris "une interprétation tronquée", "sans distance et en des termes particulièrement blessants pour le prévenu" qui a expliqué avoir reçu des menaces de mort.

"C'est l'aboutissement d'un long combat. Le tribunal a reconnu qu'il n'avait commis aucune infraction, il espère maintenant tourner cette triste page", a salué l'avocat de M. Mira, Gabriel Dumenil, auprès de l'AFP.

Ça peut vous interesser

Ailleurs sur le web

Vos réactions