10/07/2023 07:31

Deux femmes, condamnées à de lourdes peines de prison en Arabie saoudite pour avoir critiqué le pouvoir sur Twitter, sont «arbitrairement» détenues et devraient être libérées, estiment des experts indépendants de l'ONU

Deux femmes, condamnées à de lourdes peines de prison en Arabie saoudite pour avoir critiqué le pouvoir sur Twitter, sont «arbitrairement» détenues et devraient être libérées, estiment des experts indépendants de l'ONU dans un rapport consulté par l'AFP.

En 2022, Salma al-Chehab et Nourah al-Qahtani avaient été condamnées respectivement à 34 et 45 ans de prison, des peines qui témoignent de la répression des dissidents politiques et des militantes féministes dans le royaume du Golfe, dirigé de facto par le prince héritier, Mohammed ben Salmane.

Dans un rapport daté du 19 juin, le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire, un panel d'experts indépendants, a jugé que la détention des deux femmes était «arbitraire», et considéré que «la solution (...) serait de les libérer».

Ces Saoudiennes devraient avoir droit «à une indemnisation et d'autres réparations, conformément au droit international», a-t-il ajouté.

Les experts de l'ONU affirment également avoir recueilli des preuves crédibles selon lesquelles Salma al-Chehab a subi des «traitements cruels, inhumains ou dégradants». Ils évoquent «des menaces, des insultes, du harcèlement et des méthodes inappropriées utilisées durant son interrogatoire», en se basant notamment sur les informations fournies par des groupes de défense des droits humains comme ALQST (Democracy for the Arab World Now) et MENA Rights Group.

Dans sa réponse au groupe d'experts, l'Arabie saoudite a rejeté ces conclusions, les qualifiant d'«infondées» et manquant de «preuves», niant tout mauvais traitement. Sollicitées par l'AFP, les autorités n'ont pas réagi dans l'immédiat.

Doctorante en Angleterre et issue de la minorité chiite, Salma Al-Chehab avait été arrêtée en janvier 2021 alors qu'elle était en vacances dans son pays. Cette mère de deux enfants avait affirmé avoir été placée à l'isolement pendant 285 jours avant d'être jugée pour des publications sur Twitter défendant les droits des femmes. En août 2022, elle s'est vue infliger une peine de 34 ans de prison assortie d'une interdiction de quitter le territoire pour une durée similaire après sa sortie de détention.

Nourah al-Qahtani, elle, a été condamnée l'année dernière à une peine de 45 ans de prison pour avoir «défié» le roi Salmane et son fils, le prince héritier, sur Twitter. Selon les documents judiciaires consultés à l'époque par l'AFP, elle serait derrière un compte anonyme sur lequel figuraient des messages évoquant des manifestations antigouvernementales, interdites dans le royaume.

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