03/02/2023 19:11

Le parquet classe son enquête sur des soupçons de cyberharcèlement provenant du groupe la "Ligue du LOL", repaire de journalistes et communicants au début des années 2010

Le parquet de Paris a classé son enquête sur des soupçons de cyberharcèlement provenant du groupe Facebook la "Ligue du LOL", repaire de journalistes et communicants au début des années 2010, a appris l'AFP vendredi de source proche du dossier. Le parquet de Paris a confirmé à l'AFP le classement sans suite en février 2022 pour "infraction insuffisamment caractérisée" de ce dossier qui avait suscité un scandale dans la profession début 2019, mais aussi des licenciements puis au moins deux décisions des prud'hommes au bénéfice des mis en cause.

Suite à une enquête du site Checknews de Libération, de nombreux internautes avaient accusé plusieurs ex-membres du groupe Facebook, essentiellement des journalistes et des communicants, et d'autres personnes extérieures, de les avoir harcelés sur internet au tournant des années 2010, ou d'avoir par leurs critiques publiques lancé des "meutes" numériques contre eux.

Face au tollé provoqué par l'affaire, certains des mis en cause avaient rapidement publié des excuses, qu'ils avaient jugé précipitées ou exagérées après coup. Rapidement, SOS Racisme avait saisi la justice, imité quelques semaines plus tard par l'association Prenons la une, qui milite pour l'égalité femmes-hommes dans les rédactions.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête en mars 2019, confiée à la Brigade de répression de la délinquance de proximité (BRDP). Selon une source proche du dossier, l'affaire a abouti à l'audition par la police à l'été 2021, sous le statut de suspect libre, d'un mis en cause, visé par une double plainte pour des tweets de la fin des années 2010. L'intéressé, membre du groupe litigieux "pendant à peine trois mois en 2010", n'a pas souhaité commenter.

Deux autres potentiels mis en cause ont été identifiés au cours de l'enquête mais les faits les concernant étaient prescrits, a précisé la source proche du dossier. D'autres personnes s'estimant victimes de ce cyberharcèlement avaient renoncé à des plaintes par peur de représailles en ligne, avait indiqué une source proche du dossier. Ces accusations avaient entraîné le licenciement de certaines personnes accusées de harcèlement.

Depuis, Libération et Les Inrocks ont été condamnés par le conseil des prud'hommes de Paris pour le licenciement de deux de leurs journalistes.

Le quotidien a fait appel. Alexandre Hervaud, un autre journaliste de Libération écarté, avait lui été débouté aux prud'hommes. Il a fait appel. "Cette information n'est pas une surprise et montre bien qu'après une longue enquête de trois ans, le récit médiatique d'un groupe harceleur ne tenait pas", a réagi l'intéressé.

"Cet événement dévastateur a ruiné des dizaines de vie avec licenciements, tentatives de suicide et dépression. Ces personnes en souffrent encore aujourd'hui", selon lui. Au-delà du cas précis, l'affaire avait provoqué un important débat sur le sexisme dans le milieu journalistique.

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