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Une militante des droits des migrants condamnée à 500 euros d'amende avec sursis pour injure en août 2020 envers la ministre Marlène Schiappa

Une militante des droits des migrants a été condamnée à Paris à 500 euros d'amende avec sursis pour injure en août 2020 envers la ministre Marlène Schiappa, un jugement dont elle a fait appel, a-t-on appris mercredi auprès des parties. Le 19 août 2020, Marlène Schiappa, alors ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, avait publié sur Twitter:

"Immense tristesse: un adolescent de 16 ans, migrant soudanais disparu en mer cette nuit, a été retrouvé mort sur la plage de Sangatte ce matin. Ce drame insupportable nous mobilise encore + avec (Gérald Darmanin) contre les passeurs qui profitent de la détresse d'êtres humains". En réaction à certains commentaires de cette publication, Isabelle Saint-Saëns, militante au sein du Gisti et de Migreurope, avait notamment tweeté: "Ordure, elle qui est devenue la faire-valoir de Darmanin" et "ordure, faire-valoir de Darmanin, le violeur de Beauvau".

Mme Schiappa avait alors fait citer la militante devant le tribunal pour injure envers un membre d'un ministère. A l'audience en juillet, Mme Saint-Saëns, ingénieure et chercheuse retraitée, a expliqué avoir été indignée que Marlène Schiappa présente les passeurs comme coupables uniques, alors que "rien n'est dit de la responsabilité" des politiques "qui instaurent des mesures meurtrières", selon le jugement rendu mardi et consulté par l'AFP.

Le tribunal a souligné que les propos s'inscrivaient dans un "débat d'intérêt général" et il a relevé "l'engagement militant" de la prévenue. Il a néanmoins estimé qu'avec le terme d'"ordure", elle allait "au-delà d'une critique de l'action de la ministre déléguée" et qu'elle avait réagi, "non pas au moyen d'un discours illustrant ses convictions, mais d'une attaque purement personnelle (...) qui dépasse ce que (Marlène Schiappa) doit pouvoir accepter de supporter au nom des fonctions qu'elle exerce".

"En dénonçant avec force et impertinence les propos de Marlène Schiappa, hypocrites au regard de la politique migratoire du gouvernement, Isabelle Saint-Saëns n'a fait qu'user de son droit de critique légitime des personnages politiques", a estimé son avocat Raphaël Kempf, indiquant qu'elle faisait appel.

"Le débat politique n'est pas le terrain de l'invective personnelle, il est bon et sain que la justice le rappelle à celles et ceux qui franchissent la ligne", a au contraire réagi Eric Morain, le conseil de Mme Schiappa. La militante a aussi été condamnée à verser un euro de dommages et intérêts à Mme Schiappa, ainsi que 2.000 euros en frais de justice.

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Vos réactions

Portrait de COLIN33
5/octobre/2022 - 13h09 - depuis l'application mobile

Elle existe encore ? la Nadine Morano façon Macron ??