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27/08/2022 07:31

Le propagandiste du groupe Etat islamique Rachid Kassim, présumé mort en zone irako-syrienne, sera jugé une nouvelle fois par la cour d'assises spéciale pour la décapitation d'un otage

Le propagandiste du groupe Etat islamique Rachid Kassim, présumé mort en zone irako-syrienne, sera jugé une nouvelle fois par la cour d'assises spéciale pour la décapitation d'un otage et des menaces de mort visant deux spécialistes français du jihadisme, a appris l'AFP vendredi de source proche du dossier.

Dans une ordonnance datée du 4 août et dévoilée par Le Parisien, une juge d'instruction antiterroriste renvoie devant les assises M. Kassim, né en janvier 1987, ainsi que deux autres personnes, sa compagne Justine Taquard et Mohammed Ghellab. Tous trois, originaires de Roanne, sont présumés morts depuis plusieurs années dans la zone irako-syrienne vers laquelle ils étaient partis en mai 2015.

Le box des accusés devrait donc être vide. M. Kassim aurait été tué dans une frappe de drone en février 2017 à Mossoul (Irak). En l'absence de preuve formelle de décès, la justice française maintient systématiquement ses poursuites.

Dans ce dossier qui lui vaut un nouveau renvoi aux assises, il se voit d'abord reprocher d'avoir décapité "un homme non identifié, prisonnier du groupe EI", dans une morbide vidéo d'exécution publiée en juillet 2016.

Rachid Kassim, tenue militaire et visage découvert, se félicite de l'attentat commis quelques jours auparavant sur la promenade des Anglais à Nice, avant de menacer la France en brandissant la tête ensanglantée de sa victime.

Il se voit aussi reprocher son action de propagandiste pour l'EI sur Telegram ou sur Facebook, dans laquelle il a basculé suite à une blessure à la jambe. L'ordonnance liste la dizaine de projets d'actes terroristes dont il est considéré comme instigateur.

Parmi de nombreux dossiers dans lesquels son nom apparaît, Rachid Kassim est connu pour avoir téléguidé l'assassinat d'un couple de policiers à Magnanville (Yvelines) en juin 2016, l'attentat manqué aux bonbonnes de gaz près de la cathédrale Notre-Dame trois mois plus tard à Paris, ou encore pour sa complicité dans l'assassinat du père Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) fin juillet 2016.

Dans le dossier de Notre-Dame comme dans celui de Saint-Etienne du Rouvray, il a été condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité.

Ces assises seront aussi l'occasion d'aborder ses menaces de mort visant le journaliste David Thomson et le directeur du Centre d'analyse du terrorisme (CAT), Jean-Charles Brisard. Ce dernier a indiqué à l'AFP que ce renvoi "témoigne de la gravité des menaces de mort, au regard du profil de celui qui en est à l'origine.

Au moment où il profère ces menaces, il est l'un des principaux protagonistes de l'EI".

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