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"Parlement", la série satirique sur les institutions de l'UE, fait son retour sur France Télévisions demain, à l'occasion de la "Journée de l'Europe" - VIDEO

Par Céline LE PRIOUX

"Parlement", la série satirique sur les institutions de l'UE, fait son retour sur France Télévisions le 9 mai, à l'occasion de la "Journée de l'Europe". En raison de son succès, la saison 1, jusqu'ici uniquement visible en streaming, passera pour la première fois en direct sur les antennes de France 5, trois lundis soirs de suite. La saison 2 sera disponible, comme la précédente, sur le site de France.tv.

A Bruxelles et Strasbourg, le héros, Samy, jeune Français assistant parlementaire interprété par Xavier Lacaille, épaule dans la première saison le paresseux eurodéputé Michel, puis dans la seconde, l'ambitieuse Valentine. Pour Maxime Calligaro, l'un des scénaristes et ancien eurocrate, "la question n'était pas de donner un message positif ou négatif de l'Europe, mais d'écrire une bonne histoire". "Sinon, on aurait fait un spot publicitaire de la Commission européenne", explique-t-il à l'AFP.

Les institutions européennes ont semble-t-il apprécié la première saison car le Parlement européen a ouvert ses portes pour tout le tournage de la saison 2 à Strasbourg, son siège officiel. "Les gens ont bien compris que ce qui fait du mal à l'Europe, ce n'est pas que l'on en dise du bien ou du mal, c'est qu'elle meurt d'indifférence", ajoute M. Calligaro, ancien assistant parlementaire chez les Libéraux entre 2011 et 2017.

Un avis qui ne fait pas l'unanimité. "J'ai trouvé que la saison 1 nous faisait passer pour des guignols. J'avais peur qu'elle nourrisse un scepticisme plus important vis-à-vis de l'UE", a confié à l'AFP un assistant parlementaire écologiste français, reconnaissant toutefois que la plupart de ses collègues avaient beaucoup apprécié "Parlement".

Pour le créateur Noé Debré, scénariste de "Dheepan", Palme d'or 2015 et la satire "Problemos" notamment, le Parlement européen est comme "un Erasmus qui ne s'arrête jamais". "Une ambiance auberge espagnole", renchérit Xavier Lacaille. Dans la fiction, son coeur balance entre une altermondialiste espagnole Lydia (Anaïs Parello) et une lobbyiste britannique Rose (Liz Kingsman) qui a perdu son emploi d'assistante parlementaire avec le Brexit. 

"Dans la série, rien n'est vrai mais tout est vraisemblable", explique M. Calligaro, citant l'exemple de l'élection du président du Parlement européen. Dans la réalité, comme dans la fiction, ce n'est pas le meilleur des eurodéputés qui l'emporte, ou le plus travailleur, mais celui qui va permettre de préserver un subtil équilibre géographique et politique entre les différents camps: quelqu'un qui satisfasse aussi bien les Européens du nord que ceux du sud et les conservateurs, comme les sociaux-démocrates.

Dans la saison 2 apparaît très brièvement le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Clément Beaune, dans son propre rôle. "On lui a proposé et il a trouvé ça drôle. Il a signé un droit à l'image mais n'a pas été payé", raconte M. Debré. Dans sa version originale, la série est tournée moitié en anglais, moitié en français, avec quelques brides d'italien et d'allemand. Or, France Télévisions a décidé de faire doubler les deux saisons en français, sans doute pour élargir l'audience.

Comme pour la première saison, la série sera aussi diffusée en Belgique, en Espagne et en Allemagne. "Nous avons été très surpris par les différences de susceptibilités selon les nationalités", raconte M. Debré. "Dans la première saison, on a fait sortir des eurodéputés allemands en les attirant avec des saucisses, ce qui a fait beaucoup rire les Allemands", explique-t-il, un peu surpris.

En revanche, ils ont beaucoup insisté pour que l'on n'associe pas les conservateurs à la droite, car pour les Allemands ce terme est associé à l'extrême droite. Pour M. Calligaro, coauteur avec Eric Cardère d'un polar intitulé "Les Compromis" sur un meurtre au Parlement européen, "l'Europe est une source infinie d'inspiration". Outre une saison 3 en préparation, il a dans ses cartons avec M. Debré... une comédie romantique sur le Brexit.

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