10/04/2022 16:31

La diffusion par les médias de messages des "maras", les gangs criminels, sera passible de 15 ans de prison au Salvador, selon une loi adoptée par le parlement du pays

La diffusion par les médias de messages des "maras", les gangs criminels, sera passible de 15 ans de prison au Salvador, selon une loi adoptée par le parlement du pays. Cette loi, votée à la demande du président Nayib Bukele, punit de 10 à 15 ans de prison quiconque "reproduit ou transmet des messages ou communiqués ayant pour origine, ou pour origine présumée, des groupes de délinquants qui pourraient provoquer l'angoisse ou la panique dans la population".

Les mêmes peines s'appliqueront aux messages et sigles peints sur des immeubles par les gangs pour "marquer leur territoire" ou menacer les habitants. "Quand les Allemands voulaient éradiquer le nazisme, ils ont interdit de par la loi tous les symboles nazis (...) Maintenant nous ferons cela avec les gangs", a tweeté M. Bukele. L'Association des journalistes du Salvador (APES) a dénoncé dans un communiqué un "nouvel outil pour criminaliser le travail journalistique".

Cette loi constitue un "bâillon" pour "menacer de prison les médias et les journalistes qui rendent compte d'une réalité", a ajouté l'APES. La réforme cherche à obliger les médias à "se montrer responsables dans les messages qu'ils diffusent à la population", et "non pas à limiter la liberté d'expression", a défendu la députée du parti au pouvoir Marcela Pineda. Les autorités du Salvador mènent actuellement une offensive contre les "maras", les gangs vivant du narcotrafic et de l'extorsion, responsables d'une récente vague de meurtres à travers le pays.

Après une série de 87 meurtres entre les 25 et 27 mars, attribués aux gangs Mara Salvatrucha et Barrio 18, le parlement avait approuvé dans la foulée l'instauration de l'état d'urgence pour un mois. Il permet notamment les arrestations sans mandat de membres présumés de maras, qui comptent quelque 70.000 membres au Salvador. Plus de 6.000 personnes ont été arrêtées depuis, selon le président Bukele. Le parlement à majorité présidentielle a par ailleurs modifié récemment le code pénal pour faire passer de neuf à 45 ans de prison la peine maximale pour les chefs de gang.

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Portrait de Lorrialla
11/avril/2022 - 00h09

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