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Grande-Bretagne : Le président de la chaîne ultra-conservatrice GB News annonce qu'il quitte son poste à peine trois mois après son lancement - Vidéo

Le journaliste britannique Andrew Neil a annoncé  qu'il quittait la présidence de la chaîne ultra-conservatrice GB News, à la peine trois mois après son lancement, entre problèmes techniques et polémiques sur la ligne éditoriale. Porte-étendard de la chaîne, le présentateur de 72 ans, qui était absent de l'antenne après s'être mis en retrait deux semaines après son lancement, continuera néanmoins à apparaître en tant que commentateur invité.

"C'est officiel: j'ai démissionné de mon rôle de président et présentateur de GB News", a-t-il annoncé sur Twitter. "Je suis désolé de partir mais je suis arrivé à la conclusion qu'il est temps de réduire mon engagement sur un certain nombre de fronts", a-t-il ajouté dans une déclaration tweetée par la chaîne, qui a rendu hommage à "l'un des meilleurs journalistes et intervieweurs de ce pays".

Aucune annonce concernant son successeur n'a été faite lundi.

Lancée en juin, GB News s'est donné pour objectif de s'imposer en bousculant avec des opinions bien tranchées, dans un paysage audiovisuel britannique qu'elle accuse de bien-pensance.

Contrairement à BBC News ou Sky News, elle propose des émissions de débats menés par des présentateurs aux opinions très tranchées, avec des thèmes récurrents comme l'immigration ou la politique sanitaire contre le coronavirus. L'ancien chef du parti du Brexit Nigel Farage (extrême droite), y a son émission, l'ex-cheffe de l'ultra conservateur parti unioniste nord-irlandais DUP, Arlene Foster, y intervient régulièrement.

Pourfendeuse de la "cancel culture" qui interdirait de parole les voix conservatrices et du "woke" -cette prise de conscience des injustices notamment liées à la couleur de peau ou au genre-, la première chaîne d'informations lancée au Royaume-Uni depuis deux décennies rejette les comparaisons avec l'américaine Fox News et assure s'adresser à un large public. Y compris à ceux qui ont voté en faveur du Brexit en 2016, et qui s'estiment oubliés de chaînes traditionnelles souvent critiquées comme trop centrées sur l'élite cosmopolite londonienne.

Après une hausse de ses audiences au démarrage, les chiffres ont plongé si bas qu'ils n'ont pu être mesurés. Intervieweur politique redouté, Andrew Neil avait passé 25 ans à la BBC et également oeuvré au Sunday Times.

Selon les médias britanniques, il était mécontent de la tendance à privilégier la recherche de commentaires accrocheurs au détriment de l'information et pestait contre les problèmes technique d'éclairage ou de caméra rencontrés par la chaîne.

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