28/06 07:50

Revue de presse - Que disent les éditorialistes de la presse écrite ce matin après les résultats des élections Régionales et Départementales hier ?

"On prend les mêmes et on recommence, dans la plus grande indifférence", résume le quotidien La Montagne après le second tour des élections régionales et départementales dimanche. Car pour l'ensemble de la presse nationale et régionale, ce scrutin est avant tout celui du "statu quo", difficilement lisible avec moins d'un électeur sur trois qui s'est déplacé dimanche, aussi peu qu'au premier tour.

"D'un scrutin à l'autre, la carte politique de la France des régions ne bouge pas d'un iota. Tout ça pour ça !", relève ainsi Le Figaro comme beaucoup d'autres titres. Alors, "des élections qui ne changent rien" ? peut-être, estime La Croix, qui s'inquiète surtout, comme toute la presse, des conséquences d'une abstention record.

"L'abstention peut s'expliquer de mille façons mais se résume en une seule: les gens n'avaient pas grand chose à faire de ces élections", résume l'Union. "Cette tragédie doit interpeller l'ensemble des forces politiques", lance de son côté Libération.

Le système politique "est à bout de souffle", s'alarme encore Ouest-france pour qui il est grand temps d'y remédier. "Tout se passe comme si le lien social et le lien des générations étaient rompus. Personne ne peut s'y résigner", juge également l'éditorialiste de La Croix pour qui, "une plus grande modestie de la part des vainqueurs de dimanche soir aurait été la bienvenue".

Difficile d'ailleurs de parler de "gagnants", et plusieurs journaux insistent surtout sur les perdants, à commencer par la démocratie.

"Que les grands gagnants lèvent le doigt ! A priori, s'ils sont honnêtes avec eux-mêmes et un brin lucides, ils ne seront pas nombreux à sortir du rang", écrit l'éditorialiste des Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), pour qui "cette double consultation a été celle de l'échec généralisé".

Dans la liste des perdants, on retrouve le président Emmanuel Macron: "mais qu'est-il allé faire dans cette galère !", s'exclame par exemple Le Figaro, tandis que la Nouvelle République du Centre-Ouest rappelle sa promesse de "réconcilier les français et la politique" . "C'est dire (...) si la fin de son quinquennat n'y suffira pas".

Pour le midi Libre, le président Macron "est plus seul que jamais, avec un parti (LREM) "inexistant". Autre perdante, Marine Le Pen, dont les espoirs de conquérir enfin une région ont été réduits à néant en dépit des sondages.

"Le RN n'aura pas son appartement-témoin en PACA, mais l'enterrer aussi sec serait manquer cruellement de prudence", relève ainsi La Montagne, à l'instar de beaucoup d'autres titres.

La gauche n'a certes pas démérité, en conservant ses régions, mais n'a guère de raisons de se réjouir avant la présidentielle de 2022 sur laquelle tous les regards sont désormais braqués, selon plusieurs journaux.

Pour Le Figaro, sa désunion actuelle, que le quotidien de droite ne voit pas disparaître d'ici l'année prochaine, la condamne ainsi "à jouer les utilités" En revanche, la droite a toutes les raisons de se réjouir, selon Le Figaro, pour qui néanmoins, les jeux sont loin d'être faits vu le nombre de ses candidats aspirant à défendre ses couleurs en 2022.

"La droite se prépare à une guerre de tranchées dont elle a toujours le secret", relève ainsi le Midi Libre. Et pour la République des Pyrénnées, il y a désormais un "déficit d'électeurs" pour un "trop plein de présidentiables".

Difficile dans ces conditions, estime la presse, de tirer des enseignements solides sur cette élection qui a vu aussi le "retour de l'ancien monde", avec une "super-prime" aux sortants, selon l'Alsace.

"Ces régionales auront finalement eu pour effet de rendre 2022 encore plus imprévisible", relève ainsi La Montagne, tandis que pour Libération il s'agit surtout d'un "statu quo qui a des allures de trompe-l'oeil".

Et si Le Figaro se félicite d'un jeu politique "qui n'a jamais été aussi ouvert", l'abstention relativise fortement les analyses. "On a surtout entendu le cri du silence, et il serait bien hasardeux de l'interprêter trop vite", juge ainsi prudemment l'éditorialiste de La Voix du Nord et de Nord Eclair.

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