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Un juge d’application des peines s’explique dans "Morandini Live" sur son pouvoir et le laxisme de la justice: "Je ne rends des comptes qu’à ma conscience" - Regardez

Ce matin, Philippe Laflaquière, ancien juge d'application des peines, et procureur-adjoint au parquer de Perpignan, était l'invité de Jean-Marc Morandini dans "Morandini Live" sur CNews et Non Stop People à l'occasion de la sortie de son livre "En mon âme et confiance" (ed. La boîte à Pandore). L'occasion pour lui d'évoquer son métier.

"Un juge d'application des peines, c'est un magistrat qui intervient en général quand les projecteurs des procès en correctionnel ou de cour d'assises sont éteints. Il peut intervenir sur le milieu carcéral. C'est lui qui décidera, toujours après avis du procureur et des services pénitentiaires, si on peut accorder aux détenus des permissions de sorties, des aménagements de peine, une libération conditionnelle... Sur le milieu dit ouvert, il va contrôler le suivi des mesures qui n'entrainent pas l’incarcération du condamné", explique-t-il.

"La loi prévoit ce qu'on appelle un crédit de peine, c'est-à-dire un nombre de mois qui est défalqué dès le début (...) Si le détenu effectue des efforts d'insertion, de suivi médical en prison, le juge d'application des peines peut accorder des réductions supplémentaires de peine (...) Ce n'est pas un cadeau apporté comme ça. Il faut définir des obligations (interdiction de fréquenter certains lieux, interdiction de rencontrer des victimes...)", ajoute Philippe Laflaquière.

L'ancien juge est également revenu sur les récidives de certains détenus qui ont eu des réductions de peine. "Ça m'est rarement arrivé de me dire que c'est de ma faute. Dans un de mes récits [de son ouvrage}, j'évoque une affaire de récidive meurtrière qui était hautement improbable. C'est vrai que je me suis interrogé. Je me suis même demandé à ce moment-là si je ne devais pas quitter cette fonction (...) Un juge rend des comptes au peuple français. Il rend compte peut-être à sa conscience", continue-t-il en précisant être "très fier" du métier qu'il a fait.

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Vos réactions

Portrait de JC732
16/juin/2021 - 08h04

"Je ne rend des comptes qu'à ma conscience". Et c'est bien la que le bat blesse. Voila une des rares professions ou l'erreur est légale, alors même qu'elle peut couter des vies. Si demain une tuile de votre maison  tombe sur la tête de quelqu'un et le tue, vous serez pénalement responsable et trainé en justice. Mais un homme qui fait relâcher un dangereux criminel ne sera pas responsable si ce criminel tue quelqu'un. Cherchez l'erreur.