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La Confédération brésilienne de football (CBF) annonce la mise à pied de son président accusé de harcèlement sexuel par une employée

Regerio Caboclo, 48 ans, a été dénoncé à la Commission d'éthique par une employée de la CBF, qui l'a accusé de plusieurs épisodes de harcèlement sexuel et moral ces derniers mois, selon Globo Esporte. Le président de la CBF, qui risque une amende, une destitution voire une interdiction de participer à toute activité liée au football, sans parler d'éventuelles poursuites pénales, clame son innocence. Il quittera néanmoins ses fonctions une semaine avant le début de la Copa América, et sera remplacé par le vice-président Antonio Carlos Nunes de Lima, a déclaré la CBF.

Son départ résonne comme un nouveau coup de semonce pour le tournoi, dont Caboclo était le principal artisan de la tenue au Brésil. Il confirme aussi que la Copa, si elle réussit à se tenir, sera une miraculée, tant les écueils auront été nombreux. Initialement, elle devait se jouer un an plus tôt, co-organisée pour la première fois par deux pays, la Colombie et l'Argentine, avant d'être reportée par la pandémie.

Reprogrammée du 13 juin au 10 juillet prochain, la compétition a vu les vents contraires se déchaîner ces dernières semaines, quand elle a coup sur coup perdu ses deux co-organisateurs.

La Colombie, confrontée à une intense fronde sociale qui a fait des dizaines de morts, a d'abord invoqué le Covid-19 pour demander un report de la compétition, que lui a refusé la Conmebol, la confédération sud-américaine de football. Puis l'Argentine s'est elle aussi désistée pour des raisons sanitaires, alors que la pandémie bat des records dans le pays.

A la surprise générale, la Conmebol a alors désigné le Brésil pour suppléer ses deux voisins... quand le géant sud-américain est lui-même le deuxième pays au monde pour le nombre de morts provoqués par le nouveau coronavirus (473.000 décès), seulement surpassé par les Etats-Unis.

La décision a provoqué une onde de choc au Brésil, certains experts craignant que la plus vieille compétition de football au monde organisée dans ces circonstances ne contribue à une "recrudescence de la pandémie". L'affaire est instantanément devenue politique, le président Jair Bolsonaro étant vilipendé par l'opposition pour avoir constamment minimisé l'ampleur de la crise sanitaire, avec son discours anticonfinement et le refus d'offres de vaccins.

Les footballeurs eux-mêmes n'ont pas masqué leur désarroi. Plusieurs stars d'autres pays sud-américains, comme l'Uruguayen Luis Suarez, se sont déjà manifestées contre la tenue de cette Copa América. Des rumeurs de boycott ont aussi commencé à surgir du côté de l'équipe du Brésil.

"Nous allons en parler (après le match contre le Paraguay mardi, qui compte pour les éliminatoires du Mondial-2022, NDLR). Nous ne voulons pas dévier de notre objectif, qui pour nous est la Coupe du monde", avait déclaré le capitaine Casemiro vendredi.

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Vos réactions

Portrait de bobyonetwo
8/juin/2021 - 09h09

quand on a neymar comme star ...voila l exemple..