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La direction de Paris Match dénonce une "forme d'intimidation" après le placement en garde à vue jeudi à Nanterre d'un de ses journalistes

La direction de Paris Match a dénoncé une "forme d'intimidation" contraire "à tous les principes démocratiques" après le placement en garde à vue jeudi à Nanterre d'un de ses journalistes pour "soupçons de subornation de témoin" dans l'affaire du possible financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

François de Labarre a été "interpellé à son domicile" jeudi "à 6 heures par un groupe de policiers sous la conduite d'un juge d'instruction, à la suite de la parution d'une interview de l'homme d'affaires Ziad Takieddine le 12 novembre 2020", précise Constance Benqué, la directrice de la publication de Paris Match, dans un communiqué.

Cet entretien, réalisé au Liban avec un photographe de l'agence photo BestImage dont la patronne, Mimi Marchand, a également été placée en garde à vue, avait aussi fait l'objet d'une diffusion vidéo sur BFMTV. M. Takkiedine y avait retiré ses accusations contre M. Sarkozy. Mais deux mois plus tard, interrogé à Beyrouth par des magistrats français, il avait déclaré qu'il ne "confirm(ait) pas les propos" de cette interview "mal tournés par le journaliste".

L'"arrestation" de ce dernier, survenue après une perquisition, est "contraire à tous les principes démocratiques", juge Constance Benqué. "La disproportion" des "qualifications pénales retenues" ("subornation de témoin" et "association de malfaiteurs") comme du "dispositif employé - cinq personnes dont plusieurs armées et équipées d'un gilet pare-balles, en présence de son fils de 8 ans - relèvent d'une forme d'intimidation", déplore la présidente de Lagardère News, qui détient le journal.

"Paris Match s'indigne d'une telle atteinte au libre exercice de la profession de journaliste, à la liberté de la presse et au devoir d'informer et affirme qu'aucune infraction pénale ne saurait être reprochée à son journaliste ni à quiconque au sein de la rédaction", poursuit-elle.

Dénonçant "l'utilisation de tels moyens de contraintes (...) au mépris du secret des sources pourtant reconnu par la loi", elle rappelle que la profession participe "à l'exercice de la démocratie". Et promet que "Paris Match mettra en oeuvre toutes les procédures à sa disposition pour faire respecter la liberté fondamentale de l'information, pour laquelle (le) magazine se bat depuis plus de 70 ans".

"S'agissant des déclarations de M. Takieddine publiées par Paris Match", l'homme d'affaires franco-libanais "les a réitérées et confirmées dans un document de 14 pages daté du 12 décembre 2020, qu'il a lui-même adressé aux juges français", fait valoir la directrice de la publication.

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Vos réactions

Portrait de JC732
4/juin/2021 - 08h33

Heureusement pour les juges qu'il y a Tapie et Sarkozy. Ils peuvent assouvir leur haine. Leur acharnement ( a nos frais) a vouloir absolument les condamner vire à l'obsession. Il y a pourtant bien d'autres chose a faire, bien plus urgentes.