22/05 07:46

Le Parquet bosnien a ouvert une enquête après la diffusion par des médias locaux d'une vidéo montrant un tireur embusqué serbe

Le Parquet bosnien a ouvert  une enquête après la diffusion par des médias locaux d'une vidéo montrant un tireur embusqué serbe suivi pendant le siège de Sarajevo par un journaliste français. Les images tournées en octobre 1992 par Philippe Buffon et diffusées initialement sur Youtube par ce journaliste français, montrent plusieurs jeunes combattants serbes embusqués dans une maison sur la ligne de front en banlieue de Sarajevo. On y voit notamment un qui tire avec un fusil à lunette dans la direction d'un quartier et qui se targue d'avoir atteint une personne "à la tête".

Sur ces images, on voit le quartier d'en face, mais pas la victime. "Un dossier a été ouvert aussitôt après l'apparition de la vidéo sur des portails.

Une enquête sera menée sur les circonstances et sur le rôle de toutes les personnes figurant sur les images", a indiqué dans un communiqué le Parquet bosnien chargé de crimes de guerre. Relayée jeudi par des médias bosniens, la vidéo "Les Snipers de Nedzarici", du nom du quartier de cette banlieue de la capitale bosnienne, n'était plus visible vendredi sur Youtube. Néanmoins, certaines images, et notamment celles du tir, figurent dans un reportage plus long du même auteur visionné par l'AFP.

Les images ont provoqué l'émoi à Sarajevo où plus de 11.000 personnes ont été tuées pendant le siège de 1992 à 1995, dont 1.600 enfants et adolescents.

Plusieurs médias ont révélé l'identité du tireur, affirmant qu'il est aujourd'hui serveur dans un café dans un quartier de Sarajevo appartenant à l'entité serbe de Bosnie, la Republika Srpska. Depuis la fin de la guerre intercommunautaire, qui a fait 100.000 morts, la Bosnie est divisée en deux entités, une serbe et l'autre croato-bosniaque.

A ce jour, plusieurs centaines de responsables des crimes commis pendant ce conflit ont été condamnés. Les plus hauts responsables ont été jugés par la justice internationale. Cependant, plus d'un quart de siècle après le conflit, la justice locale devrait traiter encore quelque 600 dossiers, avec 4.500 suspects, selon les données officielles.

Ailleurs sur le web

Vos réactions